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RDC/Liberté de Presse : le gouvernement tient à renforcer l’identification et la protection des journalistes

À Kinshasa, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a annoncé l’accompagnement du gouvernement à la deuxième phase de délivrance de la carte d’identité professionnelle des…

RD Congo-Monde

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RDC/Liberté de Presse : le gouvernement tient à renforcer l’identification et la protection des journalistes

À Kinshasa, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a annoncé l’accompagnement du gouvernement à la deuxième phase de délivrance de la carte d’identité professionnelle des journalistes. Cette mesure s’inscrit dans une réflexion plus large sur la protection des professionnels des médias, leur responsabilité juridique et l’application de la législation sur la liberté de la presse.

La reconnaissance du statut professionnel des journalistes s’est imposée au centre de la table ronde nationale sur la sécurité et la responsabilité des journalistes, organisée lundi 12 octobre 2026 à Kinshasa. À cette occasion, Patrick Muyaya a plaidé pour une distinction claire entre les journalistes professionnels et les autres acteurs de l’espace médiatique.

Pour le porte-parole du gouvernement, cette distinction est nécessaire pour mieux identifier les bénéficiaires des protections prévues par la législation sur la presse et contribuer à restaurer la crédibilité de la profession.

Le ministre a annoncé l’accompagnement du gouvernement à la deuxième phase de délivrance de la carte d’identité professionnelle (CIP), conduite par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC). La procédure devrait être numérisée afin de faciliter les demandes à distance, de fiabiliser le fichier des professionnels des médias et de sécuriser les documents délivrés.

Cette initiative intervient dans un contexte où les relations entre les journalistes, les autorités judiciaires et les services de sécurité soulèvent régulièrement des questions sur les conditions d’exercice de la liberté de la presse.

Patrick Muyaya a également insisté sur l’application de l’Ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023 fixant les modalités d’exercice de la liberté de la presse et d’information. Il a notamment rappelé l’importance du droit de réponse et du droit de rectification pour résoudre certains différends liés aux contenus médiatiques, sans exclure les poursuites lorsque des infractions de droit commun sont établies.

Le ministre a, dans cette perspective, recommandé au procureur général près la Cour de cassation d’envisager une circulaire à l’intention des magistrats des parquets concernant le traitement des affaires impliquant des journalistes professionnels.

Intervenant lors de ces assises, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a rappelé que la liberté de la presse doit s’exercer dans le respect des droits d’autrui et des garanties judiciaires. Il a toutefois souligné que la lutte contre la désinformation et la cybercriminalité ne devait pas servir de prétexte à des restrictions arbitraires de la liberté d’expression.

Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a également rappelé que le statut de journaliste ne confère aucune immunité devant la loi. De son côté, l’UNPC, par la voix de son premier vice-président, Cyrille Kileba, a sollicité l’implication du gouvernement pour assurer la reconnaissance effective de la carte professionnelle par les services de l’État.

Pour l’organisation « Journaliste en danger (JED) », la protection des professionnels des médias doit aller de pair avec la responsabilité éditoriale, sans que les impératifs de sécurité nationale deviennent un obstacle à l’information d’intérêt public.

Au terme de cette table ronde, les participants sont appelés à formuler des recommandations, à élaborer un protocole national d’alerte pour la sécurité des journalistes et à renforcer le dialogue entre les médias, la justice et les services de sécurité.

L’enjeu reste désormais de traduire les engagements annoncés en mécanismes concrets, afin que la reconnaissance du statut professionnel s’accompagne d’une protection effective des journalistes et d’une application cohérente du droit de la presse.

Alemwa Ibango Yasmine

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