Pour lui, les campagnes de nettoyage ne doivent pas rester des rendez-vous ponctuels : elles doivent contribuer à installer durablement une culture de salubrité. Il a choisi une anecdote vécue à Tokyo au Japon pour introduire son message :
En 2017, alors qu’il séjournait dans la capitale japonaise pour une exposition, Henry Kalama raconte avoir cherché une poubelle après avoir accumulé plusieurs déchets. Il affirme ne pas en avoir trouvé dans les environs, alors même que la ville lui apparaissait particulièrement propre.
L’expérience l’a amené à s’interroger sur les mécanismes qui permettent de maintenir un espace public propre.
Pour le directeur général de l’Académie des Beaux-Arts, la question ne peut donc pas être réduite au nombre de poubelles disponibles. Elle renvoie également aux habitudes de ceux qui produisent les déchets.
Son raisonnement est simple : lorsqu’un citoyen ne trouve pas de poubelle, il peut conserver son déchet et le déposer ultérieurement dans un point de collecte plutôt que de le jeter dans la rue.
Cette responsabilité individuelle était au cœur de son intervention lors du World Cleanup Day.
Henry Kalama a également pris l’Académie des Beaux-Arts comme exemple d’une transformation possible. Le site qui accueillait les participants était présenté comme le résultat d’efforts visant notamment à promouvoir un environnement plus propre. Cette évolution montre qu’un changement est possible lorsqu’une communauté décide de modifier ses pratiques, a-t-il renchéri
Mais, il prévient contre le risque des opérations sans lendemain. Nettoyer pendant une journée avant de reprendre les mêmes habitudes le jour suivant ne permettrait pas de résoudre durablement le problème.
Dans tous les cas, son appel interpelle donc sur la continuité : faire du World Cleanup Day non seulement une journée de mobilisation, mais le point de départ d’une pratique quotidienne.
Toujours dans son intervention, il a également évoqué la nécessité d’organiser la récupération des bouteilles plastiques déjà triées au sein de l’établissement. Des sacs de bouteilles collectées y seraient disponibles et nécessiteraient une évacuation régulière vers les structures de valorisation.
Cette remarque très pertinente rejoint l’un des principaux enjeux soulevés au cours de la journée : collecter ne suffit pas. Il faut également organiser la suite de la chaîne.
Pour Henry Kalama, la salubrité doit ainsi progressivement devenir une norme collective. Une transformation qui ne dépendrait plus uniquement des campagnes, mais de gestes répétés au quotidien.
Son message tient finalement en une idée : une ville propre ne se construit pas seulement avec ceux qui viennent ramasser les déchets, mais aussi avec ceux qui décident de ne plus les jeter n’importe où.
Alemwa Ibango Yasmine

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.