Pour Jessica Webe, directrice exécutive du UN Global Compact Network RDC, cette journée doit surtout servir de point de départ à une transformation des comportements. Depuis plusieurs années, l’organisation accompagne cette initiative en partenariat avec différents acteurs, avec l’ambition d’élargir la mobilisation au secteur privé.

Le choix de réunir plusieurs catégories d’acteurs n’est pas anodin. Entre régies publiques, entreprises de recyclage, organisations de la société civile et volontaires, les organisateurs veulent démontrer que l’assainissement constitue un chantier qui nécessite des interventions coordonnées.

« Le simple fait de ramasser un papier et une bouteille ne changera pas la ville », a reconnu Jessica Webe dans son intervention, tout en soulignant la portée symbolique du geste. Des réactions observées au cours du parcours ont également montré que la question dépasse le seul ramassage. Des passants ont notamment évoqué le manque de poubelles dans certains endroits, tandis que d’autres ont rejoint les participants dans la collecte.
Cette dimension citoyenne s’est retrouvée au cœur des différentes interventions. L’objectif affiché est de faire évoluer progressivement les habitudes, notamment en matière de gestion des déchets plastiques.
Mais, derrière la sensibilisation se pose également la question de la valorisation. À Kinshasa, plusieurs acteurs travaillent déjà à la récupération et au recyclage des bouteilles plastiques. Kintoko, qui dispose notamment de points de collecte destinés à récupérer ces déchets et mène des campagnes de sensibilisation dans les écoles, universités et marchés.
La REGEDEK, de son côté, entend renforcer la collecte primaire, notamment auprès des ménages, institutions, entreprises et administrations. Pour sa directrice générale, Fanny Salmon, l’enjeu consiste également à considérer l’assainissement comme un secteur susceptible de générer de l’activité économique, des emplois et de nouvelles opportunités pour les entreprises.
Cette approche rejoint l’idée défendue par plusieurs intervenants : le déchet ne devrait pas être considéré uniquement comme une charge à éliminer. Une fois collecté et correctement trié, il peut devenir une matière valorisable et alimenter différentes chaînes de recyclage.
La journée a ainsi permis de mettre en lumière une équation plus large : collecter, trier, valoriser et surtout empêcher que les déchets ne retournent dans les rues, les caniveaux et les cours d’eau.


À l’Académie des Beaux-Arts, Henry Kalama, directeur général de l’établissement, a insisté sur cette nécessité de changer les comportements. Il a notamment appelé les citoyens à prendre en charge les déchets qu’ils produisent, y compris lorsqu’aucune poubelle n’est immédiatement disponible.
L’enjeu dépasse donc le succès d’une journée de nettoyage. Pour les organisateurs, la véritable mesure de l’impact se situera dans la capacité à prolonger les gestes posés le 19 septembre dans les pratiques quotidiennes.
À terme, le pari est de faire de l’assainissement une responsabilité partagée, afin de construire, progressivement, une chaîne dans laquelle le déchet cesse d’être abandonné pour devenir une ressource gérée, triée et valorisée.
Alemwa Ibango Yasmine

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