Le docteur Victor Kingombe est décédé jeudi 24 septembre au Centre de traitement Ebola de Kisangani, après avoir contracté la maladie. Il est le premier médecin à succomber à Ebola dans la province de la Tshopo, où 43 cas confirmés et 17 décès ont déjà été enregistrés, selon les dernières données rapportées par le Syndicat national des médecins (SYNAMED).
Le décès du jeune médecin intervient alors que Kisangani fait face à une progression de la maladie à virus Ebola. Affecté au Centre de traitement Ebola de la ville, Victor Kingombe exerçait notamment aux Cliniques universitaires de Kisangani et à DHKis. Son décès a été annoncé par le bureau exécutif provincial du SYNAMED, qui a salué un médecin « disponible, humaniste et engagé » dans la prise en charge des patients.
Ses collègues et des membres de sa famille se sont réunis pour lui rendre hommage. À distance, ils ont assisté à la mise en bière du médecin, effectuée par des agents de santé équipés de tenues de protection. À l’extérieur du centre de traitement, plusieurs professionnels de santé ont exprimé leur émotion après cette disparition.
Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, a enregistré ses premiers cas d’Ebola dans le cadre de cette nouvelle flambée. La province compte désormais plusieurs zones de santé affectées. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Tshopo faisait partie, au 7 septembre, des six provinces touchées par l’épidémie, avec sept zones de santé ayant signalé des cas.
À l’échelle nationale, l’épidémie provoquée par le virus Ebola Bundibugyo reste active. Au 7 septembre, la RDC avait enregistré 6 757 cas confirmés et 3 267 décès, selon l’OMS. L’organisation recensait alors 61 zones de santé affectées dans six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et le Sud-Kivu.
L’Ituri demeure la province la plus touchée, avec 5 406 cas confirmés à cette date. Le Nord-Kivu suivait avec 1 066 cas. La Tshopo comptait sept zones de santé touchées sur les 23 que compte la province.
Face à la progression de la maladie, les autorités congolaises et leurs partenaires ont renforcé le dispositif de riposte. Un plan révisé de 180 jours a notamment été lancé début septembre afin d’intensifier la surveillance, la prise en charge des malades, la prévention et le contrôle de la transmission.
La vaccination des professionnels de santé et des autres personnels en première ligne fait également partie de la réponse. Le vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre du virus Ebola, est utilisé dans le cadre d’un protocole de recherche, alors que l’efficacité de ce vaccin contre le virus Bundibugyo chez l’être humain reste inconnue. L’OMS recommande ainsi son utilisation contre cette souche uniquement dans le cadre d’un protocole de recherche.
Le décès du Dr Victor Kingombe intervient ainsi alors que les équipes médicales poursuivent la prise en charge des malades et la surveillance des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés. À Kisangani, comme dans les autres zones affectées, la riposte se poursuit pour tenter de limiter la transmission du virus.
Alemwa Ibango Yasmine

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