La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel, C64, a maintenu son mot d’ordre. Au sortir de sa conférence tenue ce vendredi 9 juillet 2026 à Kinshasa, la plateforme a confirmé la tenue d’une marche nationale le mercredi 22 juillet 2026.
*Les 4 décisions issues de la conférence du 9 juillet*
Réunis dans la capitale, les cadres et structures membres de la C64 ont passé en revue la situation politique du pays ainsi que la suite réservée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine.
Au terme des travaux, 4 points ont été réaffirmés :
1. *Maintien de la mobilisation* : La marche pacifique, d’abord prévue le 8 juillet puis reportée, est bel et bien maintenue au 22 juillet. L’objectif est de converger vers le Palais de la Nation pour y déposer un mémorandum au président de la République.
2. *Extension nationale* : La C64 enjoint ses fédérations provinciales et ses cellules de la diaspora à organiser, le même jour, des marches pacifiques de solidarité, dans le respect des lois en vigueur.
3. *Exigence de sécurité* : La coalition demande aux autorités de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité des manifestants et le bon déroulement de l’activité, conformément à la Constitution.
4. *Rappel de l’inviolabilité du Palais de la Nation* : La C64 a insisté sur la portée symbolique du point de chute. Pour elle, le Palais de la Nation est inviolable et incarne le siège de la souveraineté du peuple. La remise du mémorandum se fera donc « dans le respect strict des institutions, sans intrusion ni débordement ».
« Nous marchons vers le Palais de la Nation non pour l’attaquer, mais pour y déposer la voix du peuple congolais », ont déclaré les dirigeants.
*Le contexte du report*
Cette date du 22 juillet avait déjà été annoncée début juillet. La C64 justifiait alors sa décision par la nécessité de répondre favorablement à l’invitation du président de l’UA « dans un esprit de responsabilité », afin d’exposer « avec clarté et fermeté » les préoccupations du peuple congolais sur la situation politique, sécuritaire et institutionnelle.
Après la conférence du 9 juillet, les responsables estiment que « le temps du dialogue ne doit pas faire oublier la pression citoyenne ». D’où le maintien de la mobilisation.
Qui mobilise ?
La plateforme est portée par ses 5 figures de proue : Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (Envol).
Une notification a déjà été adressée au gouverneur de Kinshasa pour l’informer des itinéraires et de l’heure de départ fixée à 9h. Copie a également été transmise au VPM de l’Intérieur, à la Police nationale congolaise et aux bourgmestres des communes concernées.
Appel à la discipline
Dans son message final, la C64 appelle ses militants à la vigilance, à la discipline et à l’unité. Elle présente la marche du 22 juillet comme un acte citoyen et républicain visant à défendre l’ordre constitutionnel.
La coalition martèle que la mobilisation se fera « dans la paix, la non-violence et le respect des biens publics et des institutions de la République ». Elle conclut que « défendre la Constitution est une responsabilité collective » et que « le respect de l’inviolabilité des institutions est la première garantie d’une démocratie stable ».
Quand l’incohérence rattrape l’opposition
Cette insistance sur l’inviolabilité du Palais de la Nation contraste pourtant avec l’une des revendications récurrentes de plusieurs leaders de la C64 : la démission du président Félix Tshisekedi.
En affirmant vouloir respecter scrupuleusement le siège de la présidence tout en exigeant publiquement le départ de son occupant, la coalition s’expose à des critiques sur la cohérence de son discours.
Pour plusieurs observateurs, il est difficile de concilier le respect dû à l’institution avec l’appel à faire tomber celui qui l’incarne actuellement.
Richardo Ngoyi
