Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a promulgué, mardi 7 juillet, une réforme constitutionnelle qui prolonge la durée de son mandat de sept ans. Le texte modifie également le mode de désignation du chef de l’État et renforce le rôle du Parlement, dominé par le parti au pouvoir.
Le Zimbabwe entre dans une nouvelle séquence politique. Le président Emmerson Mnangagwa a officiellement promulgué une réforme constitutionnelle portant la durée des mandats présidentiel et législatif de cinq à sept ans.
Cette modification permet au chef de l’État, âgé de 83 ans, de rester au pouvoir jusqu’en 2030. L’annonce a été faite par Nick Mangwana, haut responsable du ministère de l’Information, qui a confirmé sur le réseau X que le texte avait été « signé, scellé et promulgué ».
Au-delà de l’allongement des mandats, la réforme introduit un changement majeur : le président ne sera plus élu au suffrage universel direct. Désormais, le Parlement disposera du pouvoir de désigner le chef de l’État.
Cette disposition marque une rupture importante dans l’histoire institutionnelle du Zimbabwe. L’élection présidentielle au suffrage direct avait été instaurée en 1987, sept ans après l’indépendance du pays.
L’opposition qualifie cette réforme de « coup d’État constitutionnel ». Elle estime que le texte vise à consolider le contrôle du parti au pouvoir, la Zanu-PF, qui détient déjà la majorité dans les deux chambres du Parlement.
Les principales formations d’opposition dénoncent un recul démocratique dans un pays où les élections ont régulièrement été contestées pour des irrégularités et où les voix critiques affirment subir des pressions.
Pour elles, le transfert du pouvoir de désignation du président vers le Parlement pourrait réduire davantage la capacité des citoyens à choisir directement leur dirigeant.
Au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, la Zanu-PF conserve une influence considérable sur les institutions du pays. L’adoption de la réforme par les deux chambres du Parlement illustre cette domination politique.
Emmerson Mnangagwa est arrivé au pouvoir en 2017, après l’éviction de Robert Mugabe lors d’un coup de force soutenu par l’armée. Depuis, son gouvernement promet régulièrement des réformes économiques et politiques, mais reste accusé par ses opposants de verrouiller progressivement l’espace démocratique.
Avec cette réforme, le Zimbabwe ouvre une nouvelle phase institutionnelle. Pour le pouvoir, il s’agit d’un ajustement constitutionnel. Pour l’opposition, c’est une réforme qui risque d’éloigner davantage le pays du principe d’une élection présidentielle directe.
Alemwa Ibango Yasmine
