L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, conteste la procédure engagée dans le dossier FRIVAO. Il rejette les soupçons de malversations financières et les accusations liées à des décaissements jugés irréguliers, alors que son dossier doit être examiné devant la justice.
L’ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba, annonce qu’il comparaîtra le 13 juillet prochain devant la Cour de cassation dans le dossier relatif au Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda, connu sous l’acronyme FRIVAO.
Dans une lettre manuscrite adressée à la haute juridiction, il affirme vouloir se présenter personnellement à l’audience, malgré son état de santé et son hospitalisation actuelle. Cette démarche tranche avec sa position antérieure, lorsqu’il avait décliné des convocations devant la Cour d’appel en invoquant des raisons médicales.
À travers cette comparution annoncée, Constant Mutamba dit vouloir répondre aux accusations portées contre lui et défendre son honneur devant la justice. Il sollicite également la retransmission en direct des audiences par la Radio-Télévision nationale congolaise, RTNC, estimant que l’opinion publique doit pouvoir suivre l’évolution de cette affaire.
La procédure concerne la gestion des fonds destinés à l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda sur le territoire congolais, notamment celles liées à la guerre de Six Jours à Kisangani. Les enquêteurs s’intéressent à des soupçons de malversations financières ainsi qu’à des décaissements considérés comme irréguliers.
Selon des éléments versés au dossier, plus de 50 millions de dollars américains auraient été décaissés sur la base d’instructions verbales attribuées à l’ancien ministre de la Justice. Ces opérations auraient été réalisées sans avis préalable de la Direction générale du contrôle des marchés publics, une procédure exigée dans certains mécanismes de passation et d’exécution des marchés publics.
Constant Mutamba rejette toutefois ces accusations. Il dénonce ce qu’il présente comme un « troisième procès politique » et estime être visé en raison de sa présence sur la scène politique ainsi que des tensions entourant son parti, la Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo, NOGEC.
Le coordonnateur adjoint du FRIVAO, Chançard Bolukola, est également attendu devant la justice à la même date. Son audition pourrait apporter des précisions sur les mécanismes de gestion interne du fonds et sur les décisions ayant conduit aux décaissements aujourd’hui contestés.
L’audience du 13 juillet devrait être particulièrement suivie. Au-delà du cas de Constant Mutamba, elle remet au centre du débat la gestion des fonds destinés aux victimes des conflits, la redevabilité des responsables publics et la confiance dans la justice congolaise.
Alemwa Ibango Yasmine
