Avec plus de la moitié des réserves d’eau douce du continent africain, la République démocratique du Congo veut désormais mieux encadrer cette ressource. Le gouvernement annonce la création prochaine d’un Office congolais de l’eau, appelé à protéger les bassins hydriques du pays et à réfléchir à leur valorisation économique.
L’eau pourrait devenir l’un des principaux atouts stratégiques de la République démocratique du Congo dans les prochaines années. Face aux effets du changement climatique, à l’assèchement de certaines zones et à la pression croissante sur les ressources naturelles, le gouvernement veut structurer davantage la gestion de son potentiel hydrique.
Mardi 7 juillet, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange Ndambo, a annoncé la création prochaine d’un Office congolais de l’eau. L’annonce a été faite lors d’un briefing de presse conjoint avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Selon la ministre, cette structure devra permettre à la RDC de préserver ses ressources en eau, de mieux planifier leur utilisation et de développer des stratégies capables de transformer cette richesse naturelle en moteur de développement.
« La RDC détient plus de 50 % des réserves d’eau douce de l’Afrique. L’eau est aujourd’hui considérée comme l’or bleu, car elle peut permettre de bâtir toute une économie », a déclaré Marie Nyange Ndambo.
La future structure ne devra pas seulement s’intéresser à l’abondance actuelle de l’eau en RDC. Elle devra aussi anticiper les risques liés à la dégradation des forêts, à la pollution, aux dérèglements climatiques et à la fragilisation des sources.
Pour le gouvernement, l’eau n’est pas une ressource inépuisable. La protection des bassins hydrographiques, des zones humides et des écosystèmes devient donc un enjeu de sécurité environnementale.
La ministre a évoqué les difficultés rencontrées dans certaines régions africaines dépendantes de ressources hydriques fragiles, notamment autour du Nil et du lac Tchad. Ces exemples, selon elle, montrent que la RDC doit éviter d’attendre une crise avant d’organiser la protection de ses réserves.
L’ambition dépasse les frontières congolaises. Avec le bassin du Congo, l’un des plus importants au monde, la RDC dispose d’une ressource qui pourrait jouer un rôle majeur dans la coopération régionale.
Le gouvernement estime que l’Office congolais de l’eau devra aussi examiner les moyens de répondre, dans un cadre organisé, aux besoins de certains pays voisins confrontés à la pénurie d’eau.
Cette approche place la RDC au centre d’un débat plus large sur la sécurité hydrique en Afrique. Dans plusieurs régions, l’accès à l’eau devient déjà une source de tensions, de déplacements de populations et de vulnérabilité économique.
Au-delà de la préservation, l’État veut faire de l’eau une source de revenus et un levier de développement. L’Office congolais de l’eau sera chargé d’élaborer des stratégies pour que cette ressource contribue davantage à l’économie nationale.
L’enjeu sera de concilier valorisation et protection. Car si l’eau peut soutenir l’agriculture, l’énergie, l’industrie et les échanges régionaux, elle reste avant tout une ressource vitale pour les populations.
À travers cette réforme, le gouvernement veut poser les bases d’une nouvelle gouvernance de l’eau. Reste à voir comment cette future structure sera organisée, financée et intégrée aux politiques publiques déjà existantes dans les secteurs de l’environnement, de l’énergie, de l’agriculture et de l’accès à l’eau potable.
Yasmine Alemwa Ibango
