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Du Katanga à Wall Street : le sacre américain du cuivre congolais – 23,9% en un mois

En juillet, le cuivre de la République démocratique du Congo a fait irruption sur le sol américain avec une force inédite. *53 290 tonnes* de cathodes parties du…

RD Congo-Monde

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Du Katanga à Wall Street : le sacre américain du cuivre congolais – 23,9% en un mois

En juillet, le cuivre de la République démocratique du Congo a fait irruption sur le sol américain avec une force inédite. *53 290 tonnes* de cathodes parties du Katanga ont accosté aux États-Unis. En un seul mois, Kinshasa a capté près d’un quart des importations américaines.

C’est une première. Une percée historique. Et elle s’est jouée au moment même où l’Amérique, fébrile à l’idée de nouvelles barrières douanières, faisait le plein de cuivre et franchissait pour la première fois le mur des 220 000 tonnes importées en trente jours.

Le contraste avec hier est saisissant. Il a fallu douze mois à l’année 2024 pour à peine atteindre 32 000 tonnes de cuivre congolais importé outre-Atlantique. Juillet 2025, à lui seul, a fait presque deux fois mieux. L’histoire s’accélère.

*Le prix, poésie des chiffres*

Et pourtant, ce cuivre-là n’a pas droit de cité à Wall Street. Aucune marque congolaise n’est estampillée COMEX, le temple américain des contrats à terme. Sur tout le continent africain, seules deux sœurs zambiennes y sont admises.

Mais le marché a ses chemins de traverse. Les industriels américains ont contourné le temple pour aller au réel, au physique, là où le métal se touche. Ils achètent en référence au London Metal Exchange, le LME de Londres.

Et là, la magie du calcul opère. Le cuivre congolais se présente avec pudeur : une décote de 550 à 800 dollars la tonne, juste le prix du long voyage. Pendant ce temps, à New York, le cuivre COMEX flambe avec une prime de 400 à 600 dollars au-dessus de Londres. L’équation devient évidente.

« Acheter du matériel non enregistré au COMEX sur une base LME a pu s’avérer beaucoup moins cher », glisse avec justesse Albert Mackenzie, de Benchmark Mineral Intelligence.

Il y a aussi autre chose, de moins chiffrable : le cuivre congolais s’est fait beau. Sa qualité s’est affinée, purifiée. Les laminoirs à fil et les faiseurs de tubes américains, jadis méfiants, lui ouvrent désormais leurs ateliers.

*Au-delà du métal : le 4 décembre, une alliance s’écrit*

Ce n’est plus seulement une affaire de tonnes. C’est une affaire d’Histoire. Le 4 décembre 2025, à Washington, en marge d’un accord de paix espéré entre la RDC et le Rwanda, deux mains se sont serrées pour plus qu’un contrat.

Kinshasa et Washington ont scellé un partenariat stratégique. Pas un deal. Pas une braderie.

« Ce n’est ni un deal, ni un contrat commercial, encore moins un document pour brader nos minerais », a tenu à rappeler, la voix ferme, le vice-Premier ministre Daniel Mukoko Samba. C’est une architecture. Quatre piliers pour bâtir : l’économie et le commerce, la sécurité et la défense, la science et l’éducation, la gouvernance.

Et au cœur de l’édifice, le sous-sol congolais se réinvente :

*1. La SAR – Réserve Stratégique d’Actifs.* Vingt-cinq gisements d’État, un trésor à ciel ouvert de coltan, de cobalt, de cuivre et de lithium, dont le mythique Rubaya. Washington y aura un droit de premier regard, non un droit de prise.

*2. La SMR – Réserve Stratégique de Minéraux.* Une idée pour dompter la volatilité des marchés et, enfin, transformer la pierre ici, sur la terre qui l’a vue naître.

*3. Le JSC – Le Comité de Pilotage conjoint.* Dix sages, deux présidences, une boussole. Il veillera sur les réformes, validera les projets, et fera le point chaque trimestre, même sur les quotas sensibles du cobalt.

Washington l’avoue sans détour : il faut desserrer l’étau chinois qui enserre encore 70 % du raffinage mondial des métaux critiques. Il faut une autre route pour faire rouler ses voitures électriques et voler ses avions.

La preuve est déjà là, sonnante et trébuchante : fin mars 2026, l’américain Virtus Minerals a posé 700 millions de dollars pour s’offrir Chemaf et ses deux joyaux du Katanga, Étoile et Mutoshi – 5 % du cobalt mondial à elles seules – coiffant Pékin au poteau.

Pour la RDC, géant qui porte 76 % du cobalt du monde et la deuxième marche du podium du cuivre, l’heure n’est plus à être une carrière. L’heure est, selon le mot de Kinshasa, à « remplacer la prédation par une exploitation responsable ». À faire que la rente, enfin, devienne destin.
Richardo Ngoyi

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