La rupture qui bâtit : Dédé Aliango et le souffle neuf de l’ISS

Entre rigueur et réformes qui bougent les lignes : une gestion qui ose déranger pour mieux relever. La compétence au service de la République.

Depuis sa prise de fonction à la tête de l’Institut Supérieur de Statistique de Kinshasa, la Direction Générale actuelle n’a pas choisi le fil de l’eau. Elle a choisi la rupture. 

Rigueur, modernisation, résultats : trois mots posés comme une boussole. Et c’est précisément cet élan qui « déplaît » à ceux qui s’étaient accommodés de l’immobilisme. 

Entre chiffres qui parlent et réformes qui bougent les lignes, le management de la Directrice Générale, Madame la Professeure Dédé Aliango Marachto, fait vaciller les certitudes. Salué par les uns comme un sursaut, il est jugé par d’autres comme une menace pour de vieux privilèges.

1. Les 4 piliers d’une gestion qui ose

Le 23 mars, à Kinshasa, la DG Dédé Aliango Marachto a tiré le bilan de ses 100 premiers jours. Quatre exigences, dit-elle, pour recoudre une institution : 

« la rigueur dans la gouvernance, la qualité dans la formation, la modernisation dans l’organisation et l’ouverture dans les partenariats ».

a. Rigueur et bonne gouvernance 

La transparence n’est plus un slogan. Elle est une méthode. 

La DG s’est engagée pour « la bonne gouvernance administrative et financière, fondée sur la transparence, la rigueur, mais aussi la redevabilité ». 

But avoué : sortir l’ISS de la logique de clan et remettre chaque franc au service des étudiants, des enseignants et de la recherche.

b. Qualité de l’enseignement, ancrage au pays 

Former autrement. Adapter les curricula aux urgences de la RDC : planifier, compter, décider. 

L’ambition est de ne plus produire de simples techniciens de chiffres, mais des bâtisseurs de politiques publiques, des acteurs de l’économie nationale.

c. Rayonnement et partenariats 

L’ISS veut respirer au-delà de ses murs. Coopérations académiques, partenariats stratégiques, et cette ambition affichée : faire de l’Institut un « moteur de développement de la RDC ». 

La DG dit aussi épouser la vision présidentielle : faire des jeunes des millionnaires par le savoir et l’initiative. 

Bilan à 100 jours : 20 projets lancés, 4 réformes engagées.

2. Des résultats qui ne laissent pas indifférents

Le concret parle plus fort que les communiqués :

– Gouvernance collégiale revendiquée : face aux accusations de « gestion autoritaire », la direction rétorque que « toutes les décisions sont prises en concertation avec le comité de gestion ».

Le mot d’ordre de la DG Dédé Aliango tient en une phrase : « notre mission n’est pas de gérer passivement l’existant, mais de redonner souffle, confiance et orientation ».

3. Pourquoi cela « déplaît »

Tout changement fait des vagues. À l’ISS/KIN, trois fronts se dessinent.

1. La fin des rentes de situation 

   La rigueur budgétaire et les marchés publics transparents dérangent. Ils ferment des robinets qui coulaient dans l’ombre. 

   Passer de l’administration à la gestion de projet, c’est accepter les délais, l’évaluation, la redevabilité. Pour certains, c’est trop. Pour la DG, c’est la seule voie. 

2. Perspectives : de l’élan à la durée

Ces 100 jours ne sont, dit la DG, qu’« une étape ». 

Les prochains défis sont déjà tracés :

– Hisser la formation aux standards nationaux et internationaux.

– Installer l’ISS comme « référence nationale en matière de formation en statistique et en économie ».

La main reste tendue : « disponibilité à recevoir toutes les suggestions pour mieux réussir son mandat ». Et une injonction au personnel : « relever avec détermination les obstacles ».

En somme, 

Le management de la DG Dédé Aliango Marachto de l’ISS/KIN s’écrit moins dans les discours que dans les curricula, dans la discipline budgétaire. 

Réformes mises en marche, formation tournée vers le pays : même partiel, le bilan tranche. 

Que cela déplaise ? C’est sans doute le signe que ça bouge. 

Comme le dit un observateur de l’institution : la compétence au service de la République dérange toujours ceux qui vivaient de l’incompétence au service de leurs intérêts. 

Désormais, l’enjeu est de transformer l’élan en héritage. 

L’histoire dira si l’ISS/KIN est passé du « chantier » à la « référence ».

Richardo Ngoyi

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