Au-delà des questions sécuritaires, Félix Tshisekedi veut élargir le partenariat entre la République démocratique du Congo et la Russie à des secteurs directement liés aux priorités économiques et sociales du pays. À l’occasion du sommet Russie–Afrique, le président congolais a mis en avant plusieurs domaines qu’il considère comme stratégiques pour Kinshasa : l’énergie, les infrastructures, la transformation locale des minerais et la sécurité alimentaire.
Le chef de l’État a également insisté sur la création d’emplois, le transfert de technologies, la formation ainsi que l’implication des entreprises congolaises dans les différents projets de coopération. Une orientation qui vise à faire du partenariat avec Moscou un levier de développement et non une simple relation diplomatique.
Des engagements à traduire en projets concrets
Pour Kinshasa, le véritable enjeu se situe désormais dans la mise en œuvre. La création de projets économiquement viables, accompagnés de financements clairement identifiés, de calendriers réalistes et d’un mécanisme de suivi régulier apparaît comme une condition essentielle à la concrétisation des engagements annoncés.
La portée de cette coopération dépendra ainsi de sa capacité à produire des résultats tangibles pour l’économie congolaise et, au-delà, pour les populations. Des investissements dans les infrastructures, l’énergie ou encore la transformation des ressources minières pourraient notamment contribuer à renforcer les capacités productives du pays, à condition que les projets annoncés dépassent le stade des intentions.
Tshisekedi plaide pour une présence africaine renforcée
Sur le terrain diplomatique, Félix Tshisekedi a également défendu une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, afin d’accroître la représentation de l’Afrique dans les instances de décision internationales.
La RDC, membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027, entend y promouvoir le dialogue et le règlement pacifique des différends. Le président congolais a notamment évoqué les crises en Ukraine et au Moyen-Orient, dans un contexte où les pays africains cherchent à renforcer leur capacité à peser sur les grands dossiers internationaux.
Au terme de son intervention, Félix Tshisekedi a résumé les attentes congolaises autour de trois priorités : davantage de sécurité, une capacité accrue à produire et une voix africaine mieux entendue sur la scène internationale.
Pour Kinshasa, le sommet Russie–Afrique ne devrait donc pas seulement se mesurer à la portée des déclarations diplomatiques, mais surtout à la capacité des différents engagements à se transformer en projets concrets, financés et exécutés au bénéfice des populations.
Alemwa Ibango Yasmine

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