Ebola en RDC : 1,3 milliard de dollars pour reprendre le contrôle de l’épidémie

L’OMS appelle les partenaires internationaux à accélérer leur soutien financier alors que l’épidémie d’Ebola continue de s’étendre en République démocratique du Congo. Pour les six prochains mois, le plan de riposte présenté par les autorités congolaises est évalué à 1,3 milliard de dollars.

La réponse à Ebola en RDC entre dans une nouvelle phase. Face à une épidémie de virus Bundibugyo qui progresse rapidement, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que les moyens mobilisés devront être considérablement renforcés. Lors d’une réunion avec les États membres, le 1er septembre, son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé les partenaires à accélérer leurs contributions afin de permettre aux équipes de maintenir et d’étendre les opérations de terrain.

Selon l’OMS, l’épidémie est désormais la plus importante jamais enregistrée en RDC. Le bilan communiqué par les autorités congolaises au 31 août faisait état de 6 186 cas confirmés, 3 007 décès et 1 409 guérisons. La maladie a également atteint plusieurs provinces de l’est et du nord-est du pays, compliquant la coordination d’une riposte qui doit intervenir sur des territoires vastes et parfois difficiles d’accès.

Le financement ne suffira pas à lui seul

L’un des principaux signaux d’alerte concerne les décès qui surviennent encore au sein des communautés, en dehors des structures de soins. Pour l’OMS, cette situation signifie que certaines chaînes de transmission restent difficiles à identifier. Les personnes infectées peuvent ainsi échapper au système de surveillance avant d’être prises en charge, ce qui complique le suivi des contacts et favorise la poursuite de la transmission.

Le défi est également opérationnel. Dans plusieurs zones touchées, l’insécurité, les difficultés d’accès et la méfiance d’une partie de la population peuvent ralentir le travail des équipes. La riposte doit donc combiner surveillance épidémiologique, prise en charge médicale, vaccination lorsque celle-ci est indiquée, recherche des contacts et travail de proximité avec les communautés.

Les 1,3 milliard de dollars demandés pour les six prochains mois donnent ainsi une mesure de l’effort nécessaire. Mais leur mobilisation devra surtout se traduire par des moyens disponibles au moment où les équipes en ont besoin et  dans les zones où la transmission demeure active. Pour les autorités congolaises et leurs partenaires, l’enjeu est de contenir rapidement l’épidémie tout en évitant que les difficultés d’accès et le manque de confiance ne créent de nouvelles chaînes de transmission.

L’OMS se veut néanmoins déterminée à mettre fin à l’épidémie. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, la question n’est plus seulement de savoir si Ebola peut être vaincu, mais à quelle vitesse et avec quel coût humain. En RDC, la bataille sanitaire se joue donc autant sur le terrain médical que sur la capacité à mobiliser les ressources et à maintenir la confiance des populations.

Alemwa Ibango Yasmine

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