À Kinshasa, une prise de parole controversée sur les réseaux sociaux aura suffi à faire basculer la carrière d’un responsable de la Régie d’assainissement de Kinshasa, RASKIN. Le Fils Mukoko a été révoqué de ses fonctions de directeur général adjoint, DGA, au lendemain d’une série de réactions institutionnelles suscitées par ses déclarations.
La sanction est tombée le 21 octobre, par un arrêté provincial du gouverneur de la Ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, mettant ainsi fin aux fonctions de Mukoko Mudipanu Le Fils Benoît, dit Fils Mukoko, comme directeur général adjoint chargé des questions techniques de la RASKIN.
À l’origine de cette décision, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux dans laquelle le responsable évoquait notamment la distribution d’armes dans plusieurs lieux publics et tenait des propos jugés menaçants à l’égard des ressortissants occidentaux. Une sortie intervenue dans un contexte déjà marqué par des tensions entre Kinshasa et Bruxelles.
Cependant, dans son arrêté, le gouverneur ne s’attarde pas directement sur le contenu de la vidéo. Il met plutôt en avant les exigences liées à l’exercice d’une fonction publique : dignité, discrétion, responsabilité et respect des institutions. Le texte rappelle ainsi que le comportement et les communications publiques d’un agent peuvent affecter la confiance des citoyens envers l’administration.
La réaction institutionnelle a été rapide. Le gouvernement s’est désolidarisé de ces déclarations, tandis qu’une enquête judiciaire a été ouverte afin d’examiner les faits. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication a, pour sa part, prononcé un embargo médiatique de 88 jours et convoqué Fils Mukoko pour une audition. Son parti, l’UDPS, s’est également désolidarisé de ses propos.
Au-delà du cas Fils Mukoko, l’affaire pose une question plus large : jusqu’où peut aller la liberté de parole d’un responsable politique lorsqu’il exerce une fonction [h1] publique ? À l’heure où les réseaux sociaux abolissent la frontière entre parole personnelle et exposition institutionnelle, une déclaration individuelle peut-il prendre rapidement une portée qui dépasse son auteur ?
La révocation met ainsi un terme au volet administratif immédiat de l’affaire au regard de la maladresse et controverse dont il porte la responsabilité. Dans tous les cas, la suite de l’enquête judiciaire devra déterminer les éventuelles responsabilités liées aux propos et à l’origine de la controverse.
Alemwa Ibango Yasmine

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