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André Wameso à Nairobi : Quand la BCC plaide pour une intelligence artificielle au service des Banques centrales africaines

Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a porté la voix de la RDC mercredi 16 septembre 2026 à Nairobi, lors de la…

RD Congo-Monde

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André Wameso à Nairobi : Quand la BCC plaide pour une intelligence artificielle au service des Banques centrales africaines

Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a porté la voix de la RDC mercredi 16 septembre 2026 à Nairobi, lors de la Conférence sur l’intelligence artificielle organisée par la Banque Centrale du Kenya (CBK).

Un rendez-vous devenu le baromètre de la modernisation monétaire en Afrique, qui réunissait gouverneurs, régulateurs, fintechs et chercheurs autour d’un thème central : comment l’IA peut transformer la politique monétaire, l’analyse des données et la stabilité financière.

*La vision de Kinshasa : une IA prudente mais ambitieuse*

Devant ses pairs, André Wameso, nommé Gouverneur le 23 juillet 2025 et entré en fonction le 4 août 2025, a exposé la doctrine de la BCC. Pour Kinshasa, il ne s’agit pas d’importer une technologie de mode, mais d’intégrer progressivement et prudemment l’intelligence artificielle dans le cœur de métier d’une banque centrale.

Quatre chantiers concrets ont été présentés :

*1. La prévision macroéconomique :* Dans une économie fortement dollarisée et exposée aux chocs des matières premières, la BCC veut utiliser l’IA pour affiner ses modèles d’inflation, de change et de croissance. L’objectif est de passer d’une analyse rétrospective à une analyse prédictive en temps réel.

*2. La supervision bancaire :* L’IA pour détecter plus tôt les risques de liquidité, les concentrations de crédit et les signaux faibles de fragilité dans un système bancaire en pleine expansion.

*3. La surveillance des systèmes de paiement :* Avec l’explosion du mobile money en RDC, l’IA devient un outil clé pour la lutte anti-fraude, la détection du blanchiment et la sécurisation des flux instantanés.

*4. L’aide à la décision :* Automatiser le traitement de données massives pour que le Conseil de politique monétaire dispose d’indicateurs plus fiables et plus rapides.

« Nous devons construire une banque centrale plus numérique, plus automatisée, mais surtout plus utile à l’économie réelle », a résumé le Gouverneur, rappelant que ses priorités restent la stabilité macroéconomique et la lutte contre l’inflation.

Cette présentation s’inscrit dans la continuité du parcours de Wameso : ingénieur commercial et financier formé à l’UCLouvain, 25 ans d’expérience comme Directeur des risques à Rawbank, Dexia Group et Artesia, puis Directeur de Cabinet adjoint chargé des questions économiques à la Présidence, où il a piloté des dossiers aussi stratégiques que le port en eaux profondes de Banana ou la renégociation du contrat sino-congolais.

*Au-delà de la vitrine : un partage d’expérience africain*

Il sied de souligner que la conférence de la CBK n’était pas une vitrine, mais un partage d’expérience entre banques centrales africaines confrontées aux mêmes défis. Le Kenya, leader mondial du mobile money avec M-Pesa, a beaucoup à apprendre à la RDC, et inversement.

La BCC défend donc une double approche : aller chercher les meilleurs outils à l’extérieur, mais les adapter à l’arrière-cour congolaise. Le Gouverneur a ainsi annoncé à Nairobi qu’un audit interne de l’écosystème financier national et une consultation des experts locaux seront lancés avant tout déploiement technologique majeur.

Somme toute, la participation d’André Wameso à Nairobi aura eu le mérite de positionner la RDC non plus comme spectatrice, mais comme actrice du débat sur l’avenir des banques centrales africaines. Reste à transformer la vision exposée au Kenyatta International Convention Centre en résultats concrets pour les ménages et les entreprises congolaises.
Richardo Ngoyi

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