Le gouvernement sud-africain veut renforcer les mesures de protection des femmes après la découverte des corps de onze femmes dans la région d’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg, depuis la mi-juillet. Face à l’émotion suscitée par ces décès, le président Cyril Ramaphosa a annoncé une série de mesures destinées à renforcer les enquêtes et à prévenir les violences faites aux femmes.
Dans une allocution à la nation, le chef de l’État a reconnu la colère provoquée par ces affaires et annoncé la mise en place d’une équipe d’intervention multidisciplinaire chargée de coordonner les investigations. Quatre personnes sont actuellement en garde à vue dans le cadre des enquêtes.
Les autorités restent toutefois prudentes sur les circonstances des décès. À ce stade, la police ne dispose d’aucun élément permettant d’affirmer que les onze femmes ont été tuées par un même auteur. Plusieurs victimes étaient âgées de 20 à 30 ans et certaines auraient été retrouvées dévêtues ou avec des signes laissant soupçonner des violences sexuelles.
Au-delà des enquêtes, le gouvernement entend agir sur les conditions de sécurité dans les espaces fréquentés par les femmes. Chaque municipalité devra réaliser un audit afin d’identifier les endroits considérés comme dangereux : rues insuffisamment éclairées, bâtiments abandonnés, espaces publics mal entretenus, parcs ou réseaux de transport présentant des risques.
Les autorités veulent également renforcer la lutte contre les violences associées à la consommation d’alcool. La police et le parquet ont reçu pour instruction de réexaminer certains dossiers non résolus concernant des femmes et des enfants et d’accélérer les procédures relatives aux violences sexistes et aux féminicides.
Cette décision intervient dans un pays où les violences faites aux femmes constituent depuis plusieurs années une préoccupation majeure. Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de renforcer à la fois la prévention, les enquêtes et la réponse judiciaire.
« Ce que nous avons fait n’a pas été suffisant. Nous devons faire beaucoup plus », a reconnu Cyril Ramaphosa, annonçant ainsi une réponse qui ne se limite pas aux affaires actuellement examinées à Ekurhuleni.
Les autorités devront désormais traduire ces mesures en actions concrètes sur le terrain : sécurisation des espaces publics, traitement des dossiers en attente et amélioration de la prise en charge des victimes. Pour les familles des femmes décédées, l’enjeu immédiat reste toutefois l’établissement des faits et l’identification des responsables dans chaque affaire.
En attendant les conclusions des enquêtes, les autorités sud-africaines maintiennent donc une distinction importante : la découverte de plusieurs corps dans la même région ne permet pas, à ce stade, d’établir qu’il s’agit d’une série de meurtres commis par un seul auteur.

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