Le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel-Fattah al-Burhan, n’a pas pu se rendre à New York pour participer au débat de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies. Les États-Unis, pays hôte du siège de l’ONU, lui ont refusé le visa nécessaire à son déplacement. Une décision dénoncée lundi par le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohieldin Salim Ahmed Ibrahim.
Prenant la parole devant l’Assemblée générale, le chef de la diplomatie soudanaise a reproché à Washington d’avoir empêché le dirigeant de l’armée de participer aux travaux. Selon lui, le refus de visa intervient alors que les États-Unis et les autorités soudanaises sont en désaccord sur les efforts visant à obtenir un cessez-le-feu au Soudan.
Au-delà de cet épisode diplomatique, Khartoum a surtout mis en avant la question du soutien étranger aux acteurs du conflit. Le ministre soudanais a appelé à mettre fin à l’arrivée d’armes, de munitions et de combattants étrangers dans le pays. Il a également défendu le principe d’un contrôle exclusif des armes par l’État.
Le Soudan est plongé dans la guerre depuis avril 2023. Le conflit oppose les Forces armées soudanaises, dirigées par Abdel-Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (FSR), une force paramilitaire commandée par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ».
La guerre a provoqué une importante crise humanitaire et le déplacement de millions de personnes. Elle a également attiré l’attention de plusieurs acteurs étrangers, accusés par différentes parties et organisations internationales de contribuer, directement ou indirectement, à la poursuite des hostilités.
Une enquête menée sous l’égide des Nations unies a notamment fait état de réseaux étrangers impliqués dans l’acheminement de combattants, d’armes et de technologies militaires vers le Soudan. Ces soutiens extérieurs constituent désormais l’un des enjeux des discussions sur la fin du conflit.
Dans son intervention, le ministre soudanais a estimé que la recherche d’une solution durable devait passer par l’arrêt des interventions étrangères et par le rétablissement du contrôle des armes par l’État.
De son côté, Washington affirme inscrire sa position dans ses efforts diplomatiques visant à obtenir une cessation des combats. Le différend autour du déplacement d’al-Burhan à l’Assemblée générale illustre ainsi les tensions qui entourent encore les initiatives internationales pour mettre fin à la guerre soudanaise.
Alors que le conflit se poursuit, la question reste ouverte sur les conditions d’un cessez-le-feu et sur le rôle que doivent jouer les acteurs étrangers dans la recherche d’une sortie de crise.
Alemwa Ibango Yasmine

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