Après plusieurs tractations et tensions politiques entre le pouvoir en place et l’opposition, l’heure est arrivée pour que le peuple départage les deux camps. Ce dimanche 6 Octobre 2024, près de dix millions de tunisiens sont appelés aux urnes pour élire le futur président du pays. Avec une présidentielle qui semble gagnée d’avance par le président Kais Saied, qui en avance de lui a deux candidats de l’opposition peu connus, dont l’un est en prison depuis la semaine dernière, l’homme est accusé par ses opposants et la société civile d’avoir mis en place un système politique dictatorial empêchant ses challengers de mieux exercer leur action politique devant la population.
En 2019, le président Kais qui inspirait une lueur d’espoir pour la population, et qu’il avait été majoritairement élu pour corriger un régime jugé inefficace et corrompu. Après cinq ans de règne à la tête du pays, certains observateurs dénoncent un retour à la dictature, comparant Kaïs Saïed à un nouveau Ben Ali, ancien militaire et ex. président de la République tunisienne.
Il sied de noter que cette élection qui divise le pays et est largement contestée par les opposants du président sortant qui l’accusent d’avoir imposé une méthode répressive et sans liberté d’expression.
Pour rappel, le président sortant et expert constitutionnaliste avait fait adopter une nouvelle Constitution par référendum en 2022 instituant un nouveau système politique de deux chambres aux pouvoirs très limités : l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et un Conseil national des régions et des districts. Cette révision constitutionnelle a fait passer la Tunisie d’un régime parlementaire à un système ultra-présidentialiste qui donne le sens selon ses opposants à la dérive autoritaire de Kaïs Saïed.
Pierre Kabongu Ndolo

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