Le boom des taxi-motos dans les artères congestionnées de Kinshasa et d’autres villes congolaises pourrait bientôt bénéficier d’un crédit accessible et d’assurances adaptées, grâce à un accord tripartite en gestation entre le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), la banque CRDB et Koto Service.

Vendredi 3 avril, au siège du FOGEC à Kinshasa, Hélène Gakuru, directrice générale adjointe, a réuni les directions générales de ces trois entités pour poser les bases d’un produit financier innovant. Objectif : lever les freins à l’accès au crédit qui brident les milliers de motards, piliers du transport urbain informel dans un pays où les embouteillages paralysent la mobilité quotidienne.
Ce secteur, qui emploie des dizaines de milliers de jeunes et compense les lacunes des transports publics défaillants, représente un levier économique majeur. “Le taxi-moto constitue un secteur de plus en plus important et peut être un réel facteur de l’économie et du développement”, a martelé Hélène Gakuru lors de cette rencontre stratégique.
Le dispositif repose sur une collaboration solide : le FOGEC apporte sa garantie des prêts, CRDB son expertise bancaire, et Koto Service son savoir-faire dans les services liés aux motos. Ensemble, ils visent à offrir aux motards non seulement des financements pour acquérir des engins neufs ou entretenus, mais aussi des assurances sur mesure contre les risques routiers omniprésents.
“Ce partenariat tripartite vise la mise en place prochaine d’un produit innovant dédié au financement des motos”, a précisé Gakuru. L’enjeu est clair : structurer un marché informel en pleine expansion, où les opérateurs peinent à se formaliser faute de ressources.
Dans un contexte où les taxi-motos assurent jusqu’à 70% des déplacements courts en zones urbaines selon des estimations locales , l’absence de crédit adapté freine les investissements. Les motards, souvent indépendants et sans garanties, dépendent de prêts informels aux taux usuraires. Ce nouveau produit pourrait changer la donne, en favorisant l’achat de motos fiables et en intégrant des couvertures assurances pour sécuriser revenus et vies.
Hélène Gakuru insiste sur l’aspect inclusif : “Ce dispositif vise à faciliter l’inclusion financière des motards, en leur offrant un meilleur accès au crédit, à des solutions d’assurance adaptées, ainsi qu’à des opportunités concrètes pour développer leurs activités.”
Au-delà du financement immédiat, l’initiative s’inscrit dans une vision plus large d’autonomisation économique. “Des discussions productives, une vision partagée et un engagement clair pour soutenir l’autonomisation économique à travers des solutions pratiques et durables”, a conclu la responsable du FOGEC.
Ce projet, encore en phase de structuration, pourrait catalyser la formalisation du taxi-moto, réduire les accidents via une meilleure assurance, et injecter de la vitalité dans l’économie locale. Reste à suivre sa concrétisation, attendue dans les prochains mois.
La Rédaction