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RDC-France : Félix Tshisekedi pose ses jalons à l’Élysée pour la Francophonie et la stabilité régionale

Il y a les images officielles. Les sourires, les poignées de main. Les communiqués calibrés.
Et puis il y a ce qui ne se voit pas, ce qui se joue en coulisses.

Ce mercredi à Palais de l’Élysée, Félix Tshisekedi n’est pas venu seulement parler coopération bilatérale. Il est venu défendre une position. Affirmer une ligne. Et rappeler que la RDC entend peser dans les grands équilibres francophones.

Face à Emmanuel Macron, deux dossiers sont apparus comme les deux faces d’une même pièce : la crise sécuritaire à l’Est et la bataille pour la direction de la Organisation internationale de la Francophonie.

La question sécuritaire reste au cœur de la stratégie congolaise.
Kinshasa souhaite que la communauté internationale cesse de regarder sans agir. Les accusations visant Kigali ne sont plus seulement murmurées : elles sont assumées, placées sur la table diplomatique.

Paris, fidèle à sa ligne, a réaffirmé son attachement à la souveraineté de la RDC et plaidé pour un cessez-le-feu « effectif et vérifiable ». Des mots forts. Mais à Kinshasa, on attend davantage que des formules : une action concrète et une reconnaissance de la gravité des enjeux.

Derrière le conflit, il y a une question de crédibilité régionale et de leadership. La RDC entend le rappeler, clairement et fermement.

Le second dossier prend une dimension stratégique.
À l’approche du Sommet de 2026 au Cambodge, la succession à la tête de la Organisation internationale de la Francophonie n’est plus seulement un enjeu institutionnel : c’est une bataille d’influence.

Kinshasa avance un argument difficile à contester : la RDC est aujourd’hui le pays comptant le plus grand nombre de francophones au monde. Pour les autorités congolaises, ce poids démographique doit se traduire par une reconnaissance politique concrète.

En face, Kigali soutient la reconduction de Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat. La confrontation prend ainsi un relief politique évident : ce n’est plus un simple vote, c’est un signal envoyé à toute la communauté francophone.

Pour Emmanuel Macron, la marge de manœuvre est étroite. La France reste un acteur central de la Francophonie, mais elle doit maintenir son rôle d’arbitre et ne pas afficher de préférence.

Le déplacement de la ministre déléguée à la Francophonie, Éléonore Caroit, à Kinshasa début février avait déjà signalé que la compétition était ouverte et légitime. La rencontre présidentielle confirme que la question est désormais assumée au sommet de l’État.

Yasmine Alemwa Ibango

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