Dans les collines meurtries du Sud-Kivu, dans les camps saturés du Burundi, et jusque dans les familles déplacées du Nord-Kivu, la survie est devenue un combat quotidien.
Loin des déclarations diplomatiques, ce sont des mères, des enfants et des vieillards qui affrontent la faim, la soif et la peur.
Face à cette catastrophe silencieuse, l’Union européenne a débloqué 81,2 millions d’euros d’aide humanitaire d’urgence pour soutenir les populations frappées par l’escalade des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Mais sur le terrain, la réalité est brutale : des milliers de familles vivent sans abris, sans eau potable, parfois sans nourriture depuis plusieurs jours.
Le conflit qui ravage l’Est de la RDC ne détruit pas seulement des villages, il brise des existences.
Les déplacements massifs ont vidé les champs, rompu les circuits alimentaires et laissé derrière eux des communautés entières dépendantes de l’aide extérieure.
Dans les zones frontalières, notamment au Burundi, les camps de réfugiés débordent. Les latrines sont insuffisantes, l’eau est rationnée, et les maladies se propagent rapidement.
Certaines familles n’ont même pas de bâches pour se protéger du soleil ou de la pluie.
Femmes et enfants paient le plus lourd tribut : violences, exploitation, mariages forcés, traumatismes psychologiques… Leur vulnérabilité est extrême.
Les fonds européens visent à garantir des services vitaux : soins de santé, nourriture, eau, protection, abris et accès sécurisé aux zones de crise.
Cette enveloppe bénéficiera :
- aux personnes déplacées en RDC,
- aux réfugiés congolais dans les pays voisins,
- et aux communautés fragiles au Burundi.
L’objectif n’est pas seulement de sauver des vies, mais de préserver la dignité humaine dans un contexte d’effondrement total.
Pour donner un visage à cette aide, la commissaire européenne à la gestion des crises, Hadja Lahbib, s’est rendue dans la région des Grands Lacs.
Sa tournée l’a menée en RDC, au Burundi et au Rwanda.
Son message est clair : sans couloirs humanitaires sécurisés, l’aide restera bloquée alors que les besoins explosent.
« L’objectif est d’obtenir l’ouverture de passages sûrs, même dans les zones sous contrôle de groupes armés », a-t-elle déclaré à l’agence belge Belga.
Au Burundi, la commissaire doit se rendre au camp de réfugiés de Busuma, où vivent des Congolais ayant fui principalement le Sud-Kivu.
Ici, l’eau manque, la nourriture est rare, et les abris sont insuffisants.
Des enfants dorment à même le sol, des femmes font des kilomètres pour trouver un point d’eau.
Après Kinshasa et le Burundi, la mission se conclura à Kigali, au Rwanda.
Un périple diplomatique, certes, mais surtout un rappel : la crise congolaise est devenue une crise régionale.
Et malgré les millions annoncés, une question demeure :
combien de temps l’aide pourra-t-elle compenser un conflit qui ne cesse de s’étendre ?
Yasmine Alemwa Ibango
