Politique

RDC/ESU : la ministre face à une motion de défiance après l’enquête parlementaire sur la gestion Financière

La gestion des frais et quotités perçue dans l’Enseignement supérieur et universitaire franchit un nouveau cap à l’Assemblée nationale. Après plusieurs mois d’enquête parlementaire et l’adoption de recommandations,…

RD Congo-Monde

3 min de lecture

RDC/ESU : la ministre face à une motion de défiance après l’enquête parlementaire sur la gestion Financière

La gestion des frais et quotités perçue dans l’Enseignement supérieur et universitaire franchit un nouveau cap à l’Assemblée nationale. Après plusieurs mois d’enquête parlementaire et l’adoption de recommandations, une motion de défiance visant la ministre de l’ESU, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna sera annoncée pour ce jeudi.

À l’initiative du député national André Mushongo, la démarche aurait déjà recueilli 89 signatures. Elle intervient dans le prolongement du rapport de la commission d’enquête parlementaire consacrée à la gestion des frais de minerval et autres quotités versés par les établissements de l’ESU.

Dans ses conclusions datées du 18 juin 2026, la commission avait relevé un « déficit majeur de gouvernance » dans la gestion de ces ressources. Elle faisait notamment état de données statistiques jugées imprécises, de difficultés dans la collaboration entre l’administration et le ministère ainsi que d’irrégularités présumées dans la gestion de certains comptes.

Le rapport recommandait, entre autres, la suppression de plusieurs quotités, dont celles liées à la numérisation, au suivi des réformes et à la supervision de la commission des réformes. Il préconisait également la suppression du compte unique destiné au versement des frais et demandait que les différentes quotités soient directement orientées vers les comptes de leurs bénéficiaires légaux.

C’est dans ce contexte que les députés à l’origine de la motion mettent aujourd’hui en avant plusieurs griefs. Ils contestent notamment la gestion de la quotité destinée à la numérisation, ainsi que le non-reversement allégué de certaines ressources au secrétariat général, aux conseils d’administration et à d’autres services du ministère. Ils dénoncent également la multiplication des prélèvements destinés au fonctionnement du cabinet ministériel.

Ces accusations devront toutefois être examinées dans le cadre de la procédure parlementaire. La motion annoncée constitue une nouvelle étape après le travail de la commission d’enquête et les recommandations adoptées en plénière.

Si elle est effectivement déposée, le bureau de l’Assemblée nationale devra enclencher la procédure prévue à cet effet. Le dossier place ainsi la gestion financière de l’ESU au centre d’un nouvel affrontement institutionnel, avec en toile de fond une question plus large : celle de la traçabilité des ressources provenant directement des étudiants et de la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur.

Au-delà du sort de la ministre, le débat parlementaire devrait donc porter sur l’application des recommandations issues de l’enquête et sur les mécanismes de contrôle des fonds collectés dans le secteur. Pour l’Assemblée nationale, l’enjeu sera désormais de transformer les constats du rapport en mesures vérifiables et en responsabilités clairement établies.

Alemwa Ibango Yasmine

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera relu par la rédaction avant d’être publié.