
Une lettre interne attribuée à Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi, circule depuis quelques jours sur WhatsApp et les réseaux sociaux, alimentant un débat public inhabituel sur le fonctionnement interne de l’Église catholique en République démocratique du Congo.
Intitulé « Au nom de la vérité de l’Évangile », ce document de quatre pages aurait été présenté le 23 février 2026 lors de la 63ᵉ Assemblée plénière de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Si le texte principal est désormais largement partagé, les annexes censées accompagner la lettre demeurent introuvables.
Selon plusieurs sources, ces annexes contiendraient des éléments destinés à appuyer les accusations formulées par Mgr Kasanda, notamment sur des pratiques présumées de tribalisme et de clientélisme dans le recrutement au sein de certaines institutions ecclésiales, dont l’Université catholique du Congo (UCC), Caritas Congo, l’Institution Financière pour les Œuvres deDéveloppement (IFOD) et le Centre interdiocésain.
Les circonstances exactes de la fuite restent floues. Le document aurait été initialement partagé dans un groupe WhatsApp interne réunissant plusieurs évêques, ce qui rend difficile l’identification d’un responsable unique de sa diffusion.
La lettre évoque également l’élection de Mgr Fulgence Muteba à la présidence de la CENCO. Mgr Kasanda souligne que l’obtention d’une majorité absolue dès le premier tour, trente (30) voix sur quarante-quatre (44), serait inhabituelle dans la tradition électorale de l’institution, où plusieurs tours de scrutin sont souvent nécessaires. Il évoque la possibilité d’une entente préalable entre votants.
Cette affaire met en lumière des tensions internes au sein de l’épiscopat congolais, notamment autour de clivages régionaux et linguistiques, ainsi que des interrogations sur d’éventuelles influences extérieures dans un contexte où certaines prises de position de la CENCO se montrent critiques envers le gouvernement.
En l’absence des annexes annoncées, le public ne dispose pour l’instant que d’une partie du dossier, laissant persister des zones d’ombre sur la portée réelle des accusations.
Ridie Enembe (stagiaire)