Home Politique Justice/ Réseaux sociaux : le Ministre de la justice durcit le ton contre...

Justice/ Réseaux sociaux : le Ministre de la justice durcit le ton contre l’usage abusif des réseaux sociaux

Après les récentes instructions du président Félix Tshisekedi sur le renforcement et l’encadrement de l’usage des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national, le ministre de la justice et gardes des sceaux de la République Démocratique du Congo, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a invité les parquets à poursuivre avec rigueur les infractions commises en ligne, affirmant que le cyberespace « n’est pas une zone de non-droit ».

La diffamation, la propagation de fausses nouvelles, le harcèlement, les menaces, les injures ou l’incitation à la haine sont des comportements se retrouvant désormais dans le viseur des autorités judiciaires. Les infractions commises sur Internet devront, selon le ministère de la justice, être traitées avec la même fermeté que celles perpétrées hors ligne.

Au-delà de la dimension judiciaire, cette offensive relance un questionnement plus profond sur les mutations sociales en cours. Les réseaux sociaux se sont imposés comme un espace d’expression privilégié pour les Congolais : débats politiques, dénonciations citoyennes, mobilisations communautaires, mais aussi règlements de comptes et campagnes de désinformation.

Dans les familles et les milieux éducatifs, l’inquiétude grandit face à la montée du cyberharcèlement et à la viralité des contenus pouvant porter atteinte à la dignité des adultes, particulièrement des enfants.  La rapidité de diffusion des informations, vraies ou fausses, contribue à exacerber les tensions sociales.

Le ministre rappelle que les poursuites devront respecter les principes de légalité, de proportionnalité et les standards internationaux en matière de liberté d’expression. Pourtant, plusieurs organisations de la société civile redoutent une interprétation extensive des infractions, susceptible de réduire l’espace civique.

Dans un contexte politique sensible, certains craignent que la régulation ne soit perçue comme une restriction supplémentaire de la parole publique. D’autres estiment au contraire qu’une régulation claire est nécessaire pour protéger la dignité des personnes et préserver la cohésion sociale.

En réalité, la question dépasse l’action des magistrats. Elle renvoie à la construction d’une citoyenneté numérique responsable.

Les Écoles, les médias, les leaders d’opinion et les créateurs de contenus sont désormais appelés à jouer un rôle clé dans la promotion d’un usage éthique des plateformes.

Ridie Enembe (stagiaire)

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Quitter la version mobile