RDC – Congo Airways : quand la désinformation compromet la relance de la compagnie nationale

Une récente mise au point attribuée à un groupe d’agents et cadres de Congo Airways, largement relayée sur les réseaux sociaux, tente de dresser un tableau apocalyptique de la gestion actuelle de la compagnie et de jeter le discrédit sur son Directeur général. Derrière les formules chocs et les chiffres brandis hors contexte, se cache une réalité plus complexe que ce pamphlet à charge omet soigneusement de rappeler, alors même que des sources spécialisées évoquent plus de 80 millions de dollars d’obligations impayées, des mois d’arriérés de salaires et des contrats de leasing avortés qui s’inscrivent dans une crise structurelle bien antérieure à l’équipe dirigeante actuelle.

Sur la prétendue absence de dynamique de redressement

Le texte affirme qu’« un redressement ne peut être caractérisé par un arrêt prolongé des opérations », en feignant d’ignorer que l’actuelle direction a hérité d’une compagnie déjà lourdement endettée, sous pression des régulateurs et fragilisée par des choix antérieurs. La suspension temporaire de certaines opérations a répondu à une exigence de conformité technique, de sécurité et de renégociation contractuelle, condition indispensable à une relance durable et crédible, et non à un simple immobilisme de gestion.

Sur les arriérés de salaires et la vision présidentielle

Les auteurs évoquent 22 mois d’arriérés de salaires en amalgamant des périodes et des responsabilités de gestions différentes. L’actuel management, loin d’être à l’origine de cette situation, s’emploie à assainir la masse salariale, à rationaliser les effectifs et à sécuriser les ressources nécessaires pour honorer progressivement les engagements envers le personnel, conformément aux orientations du Président de la République sur la réforme des entreprises publiques, dans un contexte où certains médias étrangers mentionnent jusqu’à dix mois d’arriérés pour les agents directs et vingt-quatre mois pour le personnel sous-traité, signe d’un passif social accumulé sur plusieurs exercices.

Sur le système ACMI et les accusations d’escroquerie

La mise au point insinue que toute démarche liée à l’ACMI sous la gestion actuelle relèverait d’une escroquerie, sans apporter le moindre élément vérifiable. En réalité, la direction a exploré plusieurs options, dont l’ACMI, précisément pour remettre la compagnie en vol dans un contexte d’extrême contrainte financière et réglementaire, en veillant à encadrer ces négociations par des procédures internes et des audits de conformité.

Sur le système ACMI et la rupture opérée par l’actuelle Direction

Contrairement aux affirmations de la mise au point, le débat sur l’ACMI ne relève pas de slogans mais d’une réalité économique très simple. Dans ce mode d’exploitation, la compagnie supporte non seulement le coût de location de l’avion, mais aussi l’ensemble des charges liées aux équipages étrangers : hébergement dans des hôtels de haut standing, rémunérations en devises, frais logistiques et opérationnels additionnels. Au final, lorsque l’on additionne toutes ces dépenses et qu’on les compare aux revenus réellement encaissés, on constate que la société ne dégage pratiquement aucune marge : les avions volent, mais sans générer de ressources suffisantes pour payer les agents ni renforcer la trésorerie de la compagnie.

C’est précisément ce constat qu’a dressé l’actuel Directeur général, homme de chiffres, en démontrant l’important manque à gagner généré par ce mode d’exploitation et les dérives qu’il favorisait, notamment à travers des commissions opaques sur les hôtels, les rémunérations des équipages étrangers et divers paiements, pour des montants pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars. Afin de mettre un terme à ces pratiques, il a engagé Congo Airways dans un mode d’exploitation en dry lease, dans lequel la compagnie loue l’appareil mais assure elle‑même la gestion des équipages, du carburant et de l’exploitation, de manière à ce que la valeur ajoutée demeure dans les caisses de la société plutôt que de se disperser dans des circuits parallèles. Le recours au modèle ACMI sous leur gestion a, quant à lui, généré un endettement estimé à 8 millions de dollars auprès de FBN Bank, auquel se sont ajoutés 2 millions de dollars supplémentaires envers la même institution.

Sur le climat social et les groupes d’agents informels

Prétendre que le climat social n’a jamais été aussi dégradé relève de l’exagération volontaire et occulte les multiples crises que Congo Airways a traversées depuis sa création. La direction actuelle privilégie le dialogue structuré avec les instances légalement établies, plutôt que la reconnaissance de groupes auto‑proclamés qui, tout en se disant « mécanisme de survie institutionnelle », se livrent à une campagne publique de dénigrement préjudiciable à l’image et à l’attractivité de la compagnie.

Sur l’intérim présenté comme modèle de gestion

L’intérim de l’ancien Directeur commercial est aujourd’hui présenté comme une parenthèse quasi miraculeuse, au cours de laquelle tous les problèmes auraient été résolus en trois mois. Cette narration occulte délibérément le fait que nombre de décisions prises durant cette période n’avaient ni caractère pérenne ni fondement dans un véritable plan d’affaires, et que la situation financière structurelle de la compagnie ne saurait se résumer à quelques paiements ponctuels ou gestes symboliques. Plus grave, les mises en place opérées durant cet intérim ont été largement marquées par des pratiques de clientélisme et de tribalisme, ouvertement décriées au sein du personnel et contraires aux principes élémentaires de bonne gouvernance.

Sur l’image du Directeur général comme artisan du progrès

Qualifier l’actuel Directeur général d’artisan du progrès serait, selon le texte, une usurpation, au motif que la compagnie a traversé une phase sans vols réguliers et avec des tensions de trésorerie. Ce jugement omet que le progrès, dans un contexte de faillite annoncée, passe aussi par des décisions difficiles : audit des contrats, rationalisation des charges, lutte contre les pratiques irrégulières et réorganisation opérationnelle, autant de chantiers lancés et suivis sous la supervision des autorités compétentes et des organes de contrôle de l’État.

Sur la demande d’audits et de sanctions

Les auteurs réclament la publication des conclusions d’une mission conjointe d’audits IGF‑CSP‑AAC et des sanctions exemplaires. La direction actuelle, loin de s’y opposer, se tient à la disposition des organes de contrôle de l’État et collabore avec eux, convaincue que la transparence et la clarification des responsabilités, y compris celles des gestions passées, sont des conditions indispensables au redressement réel de Congo Airways.

En définitive, cette mise au point que certains présentent comme une vérité absolue n’est qu’une version unilatérale, sélective et émotionnelle d’une situation complexe, marquée par des années de dérives successives et des engagements financiers mal maîtrisés, comme l’attestent les multiples contentieux, tentatives de leasing avortées et appels récurrents à l’audit documentés par la presse spécialisée.  La relance de Congo Airways exige moins des invectives anonymes que du travail, de la rigueur, du temps et un minimum de responsabilité de la part de tous, à commencer par ceux qui se réclament aujourd’hui de la vérité tout en refusant d’assumer leur part d’héritage.

Il est de notoriété que certains agents se laissent instrumentaliser par des acteurs entretenant des accointances avec les ennemis de la République, notamment les groupes armés qui s’emploient à fragiliser les institutions nationales et à contrarier la vision du Chef de l’État. Dans ce contexte, des influences extérieures continuent de peser sur la gestion de certains dossiers sensibles, alors même que des zones d’ombre subsistent autour de la disparition de plusieurs millions de dollars américains, affaire longtemps passée sous silence et qui a contribué à la dégradation de la situation actuelle de la société Congo Airways. Ces forces hostiles à l’intérêt général doivent comprendre qu’aucun projet construit sur l’opacité, la prédation et la trahison des idéaux républicains ne prospère indéfiniment : les ténèbres ne régneront pas toujours.

Sur l’image du Directeur général comme artisan du progrès

Qualifier l’actuel Directeur général d’artisan du progrès serait, selon le texte, une usurpation, au motif que la compagnie a traversé une phase sans vols réguliers et avec des tensions de trésorerie. Ce jugement omet que le progrès, dans un contexte de faillite annoncée, passe aussi par des décisions difficiles : audit des contrats, rationalisation des charges, lutte contre les pratiques irrégulières et réorganisation opérationnelle, autant de chantiers lancés et suivis sous la supervision des autorités compétentes et des organes de contrôle de l’État.

Sur la demande d’audits et de sanctions

Les auteurs réclament la publication des conclusions d’une mission conjointe d’audits IGF‑CSP‑AAC et des sanctions exemplaires. La direction actuelle, loin de s’y opposer, se tient à la disposition des organes de contrôle de l’État et collabore avec eux, convaincue que la transparence et la clarification des responsabilités, y compris celles des gestions passées, sont des conditions indispensables au redressement réel de Congo Airways.

En définitive, cette mise au point que certains présentent comme une vérité absolue n’est qu’une version unilatérale, sélective et émotionnelle d’une situation complexe, marquée par des années de dérives successives et des engagements financiers mal maîtrisés, comme l’attestent les multiples contentieux, tentatives de leasing avortées et appels récurrents à l’audit documentés par la presse spécialisée.  La relance de Congo Airways exige moins des invectives anonymes que du travail, de la rigueur, du temps et un minimum de responsabilité de la part de tous, à commencer par ceux qui se réclament aujourd’hui de la vérité tout en refusant d’assumer leur part d’héritage

RDC-MONDE Mag

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