Kinshasa assiste à un nouveau tournant au sein de la Cellule d’exécution des financements en faveur des États fragiles (CFEF). À la suite de la suspension de son coordonnateur national, Alain Lungungu Kisoso, la structure du ministère des Finances passe désormais sous la conduite intérimaire de Djena Bassiala Nlandu, appelée à remettre de l’ordre dans une institution confrontée à de fortes tensions de gouvernance.
La décision du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, repose sur plusieurs griefs évoqués dans l’arrêté de suspension, parmi lesquels des soupçons de mégestion, des contre-performances dans l’exécution du programme de développement à la base « 145 territoires », ainsi que des irrégularités contractuelles et des conflits d’intérêts présumés dans certains marchés publics. Une accumulation de critiques qui a fragilisé l’image de la CFEF auprès de plusieurs partenaires.
Dès sa première prise de contact avec les cadres et agents de la structure, à l’École nationale des finances à Kinshasa, Djena Bassiala Nlandu a donné le ton. Elle a placé son action sous le signe de la rigueur, de la transparence et de l’efficacité, en insistant sur la nécessité de sécuriser les opérations en cours, de faire respecter strictement les procédures et de rétablir un climat de confiance avec l’ensemble des partenaires.

Dans son message, la nouvelle coordonnatrice nationale a.i. a également insisté sur une méthode de travail fondée sur l’écoute, l’évaluation et l’analyse objective. Son approche, dit-elle, visera à privilégier l’intérêt du service public, à renforcer l’organisation interne et à replacer la performance au centre du fonctionnement de la CFEF.
Connue dans les milieux de la gouvernance publique, Djena Bassiala Nlandu arrive avec un profil technique jugé solide. Spécialiste de la gestion des financements complexes, des marchés publics et de la coordination de projets multisectoriels, elle a évolué dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les hydrocarbures, les télécommunications, les services financiers et le transport aérien. Son expérience dans la conduite de réformes et la supervision de projets à fort enjeu est perçue comme un atout dans la mission qui lui est confiée.
Membre active du Réseau des Femmes Mandataires Publiques, elle s’est également illustrée par son engagement en faveur de la bonne gouvernance, de la redevabilité et de la promotion du leadership féminin dans les institutions étatiques. À la CFEF, son défi est désormais de transformer cette réputation en résultats visibles, dans un contexte où la gestion des fonds publics reste scrutée avec attention.
Au-delà du changement de direction, cette transition traduit la volonté des autorités de redonner de la crédibilité à une structure clé du dispositif public. Pour Djena Bassiala Nlandu, l’enjeu est clair : stabiliser l’institution, rassurer les partenaires et inscrire l’action de la CFEF dans une logique de performance durable, au service des projets destinés aux populations les plus vulnérables.
Yasmine Alemwa Ibango


