À Bunia, au cœur de la province de l’Ituri, la lutte contre Ebola se joue désormais dans les laboratoires.
Face à la progression de la souche Ebola Bundibugyo dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a renforcé sa présence sur le terrain avec l’acheminement de 4,6 tonnes de matériel médical et plus de 2 000 tests de diagnostic RadiOne.
Un appui stratégique dans une épidémie où la médecine avance sans véritable bouclier thérapeutique.
Contrairement aux précédentes flambées d’Ebola enregistrées en RDC, cette souche rare ne dispose ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique reconnu. Une situation qui transforme le dépistage rapide en première ligne de défense.
À Bunia, les structures sanitaires sont désormais engagées dans une course contre la montre : identifier rapidement les cas suspects, casser les chaînes de contamination et éviter une propagation incontrôlée vers d’autres provinces.
Le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, attendu en RDC cette semaine, a lui-même reconnu la gravité de cette nouvelle flambée épidémique.
« C’est grave, et vous méritez de l’entendre clairement », a déclaré le patron de l’OMS dans un message adressé aux populations de l’Ituri.
Sur le terrain, les défis dépassent largement le cadre sanitaire. Dans plusieurs zones affectées, l’insécurité liée à l’activisme des groupes armés complique l’accès aux communautés, ralentit le suivi des contacts et fragilise davantage les opérations de riposte.
Malgré ces contraintes, les autorités congolaises veulent capitaliser sur l’expérience acquise lors des seize précédentes épidémies d’Ebola déjà gérées par le pays.
L’objectif immédiat reste clair : détecter tôt, isoler vite et empêcher que l’Ituri ne devienne le point de départ d’une nouvelle crise régionale.
Dans cette bataille sanitaire sans vaccin ni traitement spécifique, chaque test déployé à Bunia devient aujourd’hui une arme essentielle contre la propagation du virus.
Yasmine Alemwa Ibango



