Le Brésil vit un tournant politique et judiciaire inédit. L’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, 70 ans, a été condamné jeudi 11 septembre à 27 ans et trois mois de prison par la Cour suprême, reconnu coupable d’avoir tenté un coup d’État militaire, afin de se maintenir au pouvoir malgré sa défaite électorale de 2022 face à Luiz Inácio Lula da Silva, l’actuel président de la République.
Par quatre voix contre une, les juges de la plus haute juridiction ont déclaré Bolsonaro coupable de cinq (5) chefs d’accusation graves :
- Tentative de coup d’État après sa défaite électorale ;
- Organisation criminelle armée ;
- Tentative d’abolition violente de l’État de droit démocratique ;
- Dommages qualifiés de violents ;
- Détérioration du patrimoine classé.
Assigné en résidence à Brasilia, Bolsonaro devient ainsi le premier ancien président brésilien condamné pour tentative de coup d’État. S’il continue de clamer son innocence et annonce un recours, la sentence marque un précédent lourd de conséquences pour la démocratie brésilienne.
Dans plusieurs villes du pays, notamment à Rio et São Paulo, des milliers de personnes ont choisi de réagir par la fête. Musique samba, drapeaux, slogans contre l’autoritarisme : les rues se sont transformées en carnavals politiques.
« Même ceux qui défendent une droite respectable devraient descendre dans la rue pour célébrer. Après tout, nous reléguons l’extrême droite aux oubliettes de l’histoire », a lancé Ricardo Luz, 47 ans, ingénieur mécanique et farouche opposant à Bolsonaro.
Un autre manifestant, qui a souhaité garder l’anonymat, a résumé l’ambiance :
« Hier, nous avons pu condamner ceux qui ont tenté de piétiner la démocratie. Aujourd’hui, c’est une commémoration publique, une victoire collective. »
À l’étranger, la décision divise. Si plusieurs pays d’Amérique latine saluent une victoire judiciaire contre l’autoritarisme, les États-Unis de Donald Trump expriment leur hostilité. Le président américain a dénoncé un procès « politique » et le secrétaire d’État Marco Rubio a promis des représailles diplomatiques.
Ce jugement, qualifié d’historique et exemplaire, arrive à moins de deux ans de la présidentielle de 2026. Il redéfinit les rapports de force au sein de la droite brésilienne, tout en renforçant la légitimité de Lula, cible du complot avorté.
Malgré la gravité des accusations – les procureurs évoquent même un plan d’assassinat de Lula –, Bolsonaro garde une base électorale fidèle, promettant des tensions et divisions persistantes.
Yasmine Alemwa Ibango

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