Monde

Polémiques sur les expulsions américaines : 14 africains de l’Ouest exposés à l’instabilité politique ou au manque de protection juridique

Quatorze (14) ressortissants d’Afrique de l’Ouest expulsés des États-Unis ont été transférés au Ghana, provoquant une controverse sur la légalité et les conditions de cette opération. Selon les…

RD Congo-Monde

3 min de lecture

Polémiques sur les expulsions américaines : 14 africains de l’Ouest exposés à l’instabilité politique ou au manque de protection juridique

Quatorze (14) ressortissants d’Afrique de l’Ouest expulsés des États-Unis ont été transférés au Ghana, provoquant une controverse sur la légalité et les conditions de cette opération. Selon les autorités ghanéennes, les 13 Nigérians et un Gambien ont ensuite été renvoyés dans leurs pays respectifs, mais leurs avocats contestent cette version.     

Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, a défendu la décision de son gouvernement, affirmant que l’accueil de ces migrants se faisait « uniquement pour des raisons humanitaires ». Il a rejeté les critiques selon lesquelles Accra soutiendrait la politique migratoire restrictive du président américain Donald Trump.
« Nous devons être considérés comme un pays qui souhaite veiller sur ses compatriotes africains. Nous avons clairement fait savoir aux Américains que nous n’accepterions pas un seul dollar », a-t-il insisté.

Des avocats représentant quatre des expulsés affirment toutefois que ces derniers se trouvent toujours au Ghana et n’ont pas été renvoyés dans leur pays d’origine, comme l’avaient déclaré les autorités. Dans un document remis à la justice, ils dénoncent une violation de procédure :
« Ces personnes n’ont pas été informées de leur destination. Leur expulsion vers un pays tiers n’est pas conforme aux principes d’une procédure régulière », a déclaré Me Samantha Hamilton, avocate des migrants.
Les avocats alertent également sur les risques de persécutions ou de tortures auxquels certains pourraient être exposés s’ils retournaient au Nigeria ou en Gambie.

À Abuja, le gouvernement nigérian a indiqué, de n’avoir pas été informé par Washington ni par Accra de l’arrivée de ses ressortissants au Ghana, rappelant avoir déjà reçu par le passé des Nigérians expulsés directement des États-Unis.
Les autorités gambiennes, de leur côté, n’ont pas encore réagi officiellement.

Le président ghanéen John Dramani Mahama avait confirmé mercredi soir l’accueil de ces expulsés. Il a précisé que son pays avait facilité leur transit afin qu’ils puissent regagner leurs nations d’origine, expliquant que « ces ressortissants n’ont pas besoin de visa pour venir au Ghana », ce qui simplifie leur arrivée.
Mahama a reconnu l’existence d’un accord avec les États-Unis permettant le transfert d’expulsés de pays tiers, une disposition inscrite dans la politique migratoire de Donald Trump, qui vise à dissuader l’immigration clandestine.

Cette stratégie s’inscrit dans une campagne plus large : en août, le Rwanda avait accepté sept migrants expulsés des États-Unis, dans le cadre d’un accord pouvant concerner jusqu’à 250 personnes. Des transferts similaires ont également visé l’Eswatini et le Soudan du Sud.

Ces expulsions vers des « pays tiers sûrs » suscitent de vives inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains. Plusieurs ONG redoutent que les migrants soient exposés à l’instabilité politique, aux violences ou au manque de protection juridique dans les pays africains concernés.

Pour l’heure, le sort exact des quatorze Ouest-Africains transférés au Ghana demeure flou, entre déclarations officielles et contestations judiciaires.

Yasmine Alemwa Ibango

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera relu par la rédaction avant d’être publié.