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PDL-145T | De la boue aux briques : la CFEF passe en revue l’avancement des travaux dans 43 territoires sous sa gestion

La Coordination nationale de la Cellule d’exécution des Financements en faveur des Etats fragiles (CFEF) a convoqué le jeudi 30 juillet 2026 à Kinshasa ses sentinelles de terrain sous un ciel de saison sèche qui annonçait déjà la rentrée. 

Dans la salle de travail, ni discours fleuve, ni promesse creuse. Il fallait regarder la réalité en face : briques posées, toitures levées, salles équipées, et parfois, retards qui s’accrochent encore aux pistes.

Autour de la table, les missions de contrôle chargées du suivi technique. Face à elles, le Coordonnateur National Adjoint, M. Serge Songolo Aruna. 

L’ordre du jour tenait en une seule phrase, simple et lourde : où en sommes-nous dans les 43 territoires placés sous la gestion de la CFEF, au cœur des sept provinces couvertes par le Programme de Développement Local des 145 Territoires, le PDL-145T ?

1. Le point d’étape : des murs qui parlent

La réunion a commencé par l’inventaire. 

Des écoles primaires aux murs encore blancs de chaux. Des centres de santé où les lits attendent les premiers patients. Des bâtiments administratifs qui, demain, abriteront l’état civil, la police de proximité, le bureau du territoire.

Plusieurs infrastructures sont déjà achevées et remises officiellement aux communautés bénéficiaires. Dans certains villages, les enfants ont déjà franchi le seuil de nouvelles salles de classe. Dans d’autres, les agents de santé préparent l’arrivée du matériel.

Des remises modestes en apparence, mais qui déplacent des vies entières. Une école de plus, c’est dix kilomètres en moins pour une fillette. Un centre de santé de plus, c’est une accouchée qui n’a plus à traverser la rivière la nuit.

M. Songolo Aruna l’a rappelé d’entrée : 

« Nous ne comptons pas seulement des bâtiments. Nous comptons des chances. »

2. Les chantiers en cours : entre boue, distance et détermination

La deuxième partie a porté sur les sites encore en exécution. Le tableau est moins lisse. 

Les missions de contrôle ont fait remonter les contraintes du terrain, celles que les rapports ne peuvent pas lisser.

Il y a la distance. Certains territoires ne sont accessibles qu’après deux jours de piste. 

Il y a la saison des pluies qui revient plus tôt et transforme les chantiers en bourbiers. 

Il y a l’acheminement du matériel, les ruptures de ciment, les délais des fournisseurs. 

Il y a aussi les réalités locales : un sol instable, une communauté qui demande une autre orientation, une chefferie à consulter avant la dernière dalle.

Le Coordonnateur Adjoint a écouté, noté, puis recadré. L’objectif n’est pas de lister les difficultés pour s’y résigner, mais de les nommer pour les désarmer. 

Mesures décidées : renforcement des équipes de supervision sur les sites en retard, ajustement des calendriers au climat, appui logistique pour le transport, et dialogue permanent avec les autorités locales pour lever les blocages administratifs.

« Un chantier qui dort est un droit qui attend. Notre devoir est de le réveiller. »

3. Le sens d’une coordination

Au-delà des pourcentages, cette séance dit la volonté de la CFEF d’assumer son rôle de chef d’orchestre. 

La CFEF ne construit pas directement. Elle coordonne. Elle veille. Elle confronte les rapports techniques à la réalité du terrain. Elle fait le lien entre les missions de contrôle, les entreprises, les communautés et l’État.

Dans le cadre du volet 1 de la première composante du PDL-145T, cette fonction est décisive. Elle doit garantir que les écoles ne restent pas des coquilles vides, que les centres de santé soient livrés équipés, que les bâtiments administratifs soient réellement opérationnels.

Le PDL-145T est né d’un constat : trop longtemps, le développement s’est arrêté aux capitales provinciales. Les 145 territoires ont attendu. Routes, écoles, soins. 

Le programme veut inverser la géographie de l’abandon. Dans les 7 provinces sous gestion CFEF, les 43 territoires ne sont pas des points sur une carte. Ce sont des marchés, des champs, des églises, des rivières, des jeunes qui veulent rester chez eux.

C’est pour eux que chaque brique compte.

4. Poétique du concret

Il y a une poésie dans ce travail ingrat. Elle n’est pas dans les adjectifs. Elle est dans les faits. 

Elle est dans le maître d’école qui aura enfin un bureau. 

Elle est dans l’infirmière qui n’aura plus à poser une perfusion à la lampe torche. 

Elle est dans le chef de territoire qui pourra recevoir sans que la pluie ne traverse le toit.

La réunion n’a pas inventé ces images. Elle les a rappelées à ceux qui signent les procès-verbaux.

Les missions de contrôle sont reparties avec des feuilles de route précises. Les délais ont été resserrés. Les alertes levées. D’autres suivis sont programmés. 

La CFEF réaffirme : suivi rigoureux, exigence sur la qualité, transparence dans la remise.

5. Ce qui reste à faire

Le chemin est encore long. Le parachèvement du volet 1 exige de tenir. Il faudra des matériaux à temps, des paiements qui suivent, des communautés qui s’approprient les ouvrages pour les entretenir.

Mais le cap est clair. Dans chacun des 43 territoires, il s’agit de transformer une promesse nationale en murs, en tables-bancs, en salles de consultation, en bureaux où un citoyen obtient un document sans supplément.

À la sortie, un membre d’une mission de contrôle résumait : 

« Nous rentrons avec moins de discours et plus de travail. C’est exactement ce qu’il faut. »

Le PDL-145T ne se mesurera pas seulement au nombre de bâtiments livrés. Il se mesurera à l’usage qu’en feront les communautés. À la première rentrée. À la première consultation. À la première pièce d’état civil signée.

Ce jeudi-là à Kisangani, la CFEF a choisi de regarder ces futurs-là bien en face. Et de s’organiser pour qu’ils arrivent plus vite.

Richardo Ngoyi

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