Parce que certains sourires ne prennent jamais leur retraite, le tango se veut enlaçant.
Le football a connu des retours. Celui-ci est une caresse à l’âme. À 46 ans, onze longues années après son dernier frisson professionnel avec Fluminense, le 26 septembre 2015, Ronaldinho Gaucho a décidé que le temps pouvait attendre. Il sort de sa retraite et s’offre au Ravenna FC, modeste écrin de Serie C, troisième étage du football italien.
Tout avait commencé par un murmure venu de Miami. C’est là, le 23 juin 2026, aux côtés d’Ignazio Cipriani, que le pacte a été scellé. Mais l’histoire a pris corps un peu plus tard, sous le soleil d’Émilie-Romagne.
Le 20 août 2026, Ravenna a retenu son souffle
Jeudi 20 août 2026, l’air d’Italie a vibré autrement. Ronaldinho a foulé le sol de Ravenna, comme on retrouve une ancienne maison. Vêtu de blanc immaculé, couleur de ses recommencements, il s’est présenté le même jour au Stadio Bruno Benelli, devant une presse fébrile et des supporters aux yeux d’enfants.
Il a posé, le sourire intact, le maillot jaune et rouge de Ravenna délicatement déposé sur son Ballon d’Or de 2005, avant de le signer, main dans la main avec Cipriani. Un geste tendre, presque sacré. C’est son second baiser à l’Italie, après la parenthèse flamboyante de l’AC Milan entre 2008 et 2011, couronnée d’un Scudetto.
Plus qu’un joueur : une histoire d’amitié cousue d’or
Non, ce n’est pas un coup de pub. C’est une histoire d’amitié qui devient destin.
« Tout au long de ces années, l’amitié que nous avons avec la famille Cipriani et avec tous les amis, maintenant cette opportunité s’est présentée. Donc je suis extrêmement heureux », avait-il confié à Reuters d’une voix douce. « Nous sommes amis depuis de nombreuses années, donc c’était quelque chose de simple, direct et facile. »
En face, Ignazio Cipriani, enfant de Ravenna parti bâtir sa vie aux États-Unis avant de racheter son club de cœur en 2024, voit son rêve d’enfant prendre chair. Lui qui rêvait de porter la Serie A à Ravenna.
« Il m’a simplement inspiré, moi et toute ma génération, à tomber amoureux de ce sport à cause des choses qu’il faisait et qui étaient si différentes », murmurait le président. Avoir Ronaldinho, ce n’est pas seulement de la lumière. C’est de la joie qui se dépose sur toute une ville.
Va-t-il vraiment jouer ? La promesse du dernier but
Au début, le doute a plané, comme une brume légère. Le vice-président Ariedo Braida tempérait : « Ronaldinho sera à un événement marketing avec nous, mais il ne jouera pas en Serie C la saison prochaine. Il a 46 ans… »
Puis le 20 août est arrivé. Et la brume s’est dissipée.
« Ce n’est pas de la poudre aux yeux. Ronaldinho va devenir actionnaire du Ravenna FC, c’est le cœur du projet. Et il a choisi de faire un cadeau extraordinaire à la ville : il foulera la pelouse lors d’un match officiel, avec un objectif clair et romantique, essayer de marquer le dernier but de sa carrière », révélait Cipriani.
Et lui, l’éternel danseur, l’a confirmé devant ses nouveaux tifosi, le 20 août, avec cette humilité qui le rend immense : « Je jouerai certainement quelques minutes dans un match officiel, puis nous verrons comment je me sens. »
Actionnaire, joueur, poète. Il ne signe pas un contrat. Il signe une histoire.
Un symbole : Ravenna au cœur du monde

Ravenna est fondée en 1931. Elle est connue pour ses mosaïques byzantines plus que pour ses buts, pour le vrombissement d’Imola plus que pour le chant des stades. Un petit stade de 12 000 âmes, une troisième place l’an dernier en Serie C.
Et puis, le 20 août, le monde a regardé Ravenna. Des centaines de supporters à l’aéroport, des téléphones levés comme des bougies, des enfants sur les épaules de leurs pères pour apercevoir le magicien.
Au-delà du vacarme médiatique, Ronaldinho est venu déposer une leçon de tendresse :
« J’espère que l’impact sera le plus positif possible. Que d’autres seront également motivés à continuer et à avoir l’opportunité de réaliser leurs rêves, tout comme j’ai réalisé les miens », a dit l’ancienne gloire du FC Barcelone.
Et puis cette phrase, qui est déjà une chanson :
« Nouvelles couleurs, même sourire. J’ai hâte de danser à nouveau avec le ballon et d’écrire une nouvelle histoire aux côtés d’Ignazio et de toute la famille Cipriani. Le football a toujours été une source de joie pour moi, et je veux apporter ce même esprit à Ravenna », déclarait la légende du football mondial.
À 46 ans, le champion du monde 2002, le double Joueur Mondial de la FIFA, le Ballon d’Or, ne revient pas chercher l’or. Il revient offrir de la joie. Sa présentation du 20 août 2026 n’était pas une conférence de presse. C’était une déclaration d’amour au football.
Richardo Ngoyi