Le 7 août 2026 restera comme une date charnière. Ce jour-là, la Fédération Congolaise de Football Association a confié les commandes de son administration à Laëtitia Muderhwa. Nommée Secrétaire Générale, elle succède à Liliane Tshimpumpu et entre dans l’histoire sous la présidence de Véron Mosengo Omba.
À l’heure où la FECOFA affronte des chantiers institutionnels de plus en plus exigeants, le choix s’est porté sur une femme de dossiers, de dialogue et de vision.
Un profil forgé loin des projecteurs
Laëtitia Muderhwa n’est pas une apparition. Elle arrive avec un sillage.
Diplômée en Sciences Politiques et Philosophie de la Middle Tennessee State University, elle s’est taillé une réputation de bâtisseuse d’institutions. La FECOFA la décrit comme une spécialiste de la gouvernance, de la diplomatie et de la communication stratégique. Elle parle quatre langues.
Au-delà du CV, trois traits reviennent : la rigueur, l’anticipation, et ce sens de l’adaptation qui permet de tenir cap quand tout bouge. À cela s’ajoute une conviction, discrète mais tenace : le développement commence par les communautés.
Trois écoles, une même exigence
Avant Kinshasa, son parcours l’a menée au cœur des lieux où se prennent les grandes décisions.
*À la CAF en 2022*, elle était Cheffe du Bureau du Président. Elle réglait l’agenda, suivait les dossiers stratégiques, et faisait le lien entre le sommet de l’institution et ses rouages. Une immersion dans la haute administration du sport africain.
*Au Ministère de la Communication et des Médias*, en tant que Conseillère Diplomatique, elle a travaillé la voix du pays à l’international et la cohérence de sa parole publique.
*Au Sénat*, Conseillère chargée des questions socioculturelles, elle a appris l’art de la concertation et le poids des arbitrages institutionnels.
Trois univers. Un même fil : relier, coordonner, transformer la stratégie en action concrète.
Quelle mission à la FECOFA ?
En tant que Secrétaire Générale, Laëtitia Muderhwa prend la barre du quotidien fédéral. Ses responsabilités sont claires et vastes :
– *diriger* les services administratifs de la FECOFA
– *appliquer* les décisions du comité exécutif et de l’assemblée générale
– *faire le lien* entre les clubs, les dirigeants et les instances internationales, FIFA et CAF en tête
Elle devient la charnière. Celle qui doit traduire les ambitions en procédures, les promesses en calendriers, et les attentes du terrain en réponses lisibles. Dans un football congolais en quête de stabilité et de crédibilité, cette fonction est vitale.
Ce que dit cette nomination
Nommer une diplomate à la tête de l’administration n’est pas un geste de routine. C’est un choix de méthode.
Il traduit la volonté de la présidence de Véron Mosengo Omba de consolider la maison fédérale. Les défis sont posés : moderniser la gouvernance, professionnaliser la communication, sécuriser les relations avec la CAF et la FIFA, offrir aux clubs un cadre stable et prévisible.
En confiant ces responsabilités à une femme rompue à la négociation, à la coordination et à la stratégie, la FECOFA adresse un message : place à la rigueur, place à la continuité.
Laëtitia Muderhwa entre en fonction à un moment où l’on attend plus que des résultats. On attend une administration qui tienne debout. Avec son expérience au sommet du football africain et son bagage institutionnel, la nouvelle Secrétaire Générale a de quoi imposer une autre cadence.
Le chantier s’ouvre. Et il commence maintenant.
Richardo Ngoyi
