Au sommet « Africa Forward », tenu à Nairobi au Kenya, la République démocratique du Congo a porté un plaidoyer en faveur d’un multilatéralisme plus équitable et d’une meilleure prise en compte des réalités africaines dans la gouvernance mondiale, tout en réaffirmant ses préoccupations sécuritaires et ses ambitions économiques et environnementales.

La République démocratique du Congo a profité du sommet « Africa Forward », tenu à Nairobi au Kenya, pour replacer la question sécuritaire de l’Est du pays au cœur des débats internationaux sur la gouvernance mondiale et les partenariats entre l’Afrique et la France.
Conduite par le président Félix Tshisekedi, la délégation congolaise a défendu une ligne diplomatique axée sur le respect du droit international, la réforme des institutions multilatérales et la reconnaissance du rôle stratégique de l’Afrique dans les grandes décisions mondiales.
Face aux représentants politiques, économiques et diplomatiques réunis à Nairobi, Kinshasa a dénoncé le silence de la communauté internationale face aux violences persistantes dans l’Est de la RDC. Les autorités congolaises ont estimé qu’aucune justification sécuritaire ne pouvait servir de base à l’occupation de territoires, aux déplacements massifs des populations civiles ou à l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises.
À quelques semaines de la présidence de la RDC au Conseil de sécurité des Nations Unies prévue en juillet prochain, Kinshasa a également insisté sur la nécessité de réformer cet organe afin de le rendre plus représentatif des réalités géopolitiques actuelles, notamment celles du continent africain.
La RDC estime que les crises africaines ne peuvent plus être traitées comme des enjeux secondaires. Pour les autorités congolaises, la paix en Afrique constitue désormais une condition essentielle à la stabilité économique et politique mondiale.
En marge des discussions sécuritaires et diplomatiques, le gouvernement congolais a également mis en avant son potentiel économique et environnemental. Le pays se présente comme un partenaire stratégique dans la lutte contre le changement climatique et dans la transition énergétique mondiale, grâce à ses forêts, ses tourbières, ses minerais critiques et son potentiel hydroélectrique.
Le sommet « Africa Forward » a réuni plusieurs acteurs publics et privés autour des enjeux liés à l’innovation, à la souveraineté alimentaire, à la santé, à l’économie bleue et aux nouvelles technologies. Les conclusions des échanges de Nairobi devraient contribuer aux prochaines orientations débattues dans le cadre du G7 sous présidence française.
Yasmine Alemwa Ibango

