Alors que Washington intensifie ses efforts pour rapprocher les deux pôles rivaux de la Libye, l’assassinat d’un haut responsable militaire à Benghazi rappelle la fragilité de l’équilibre sécuritaire du pays.
La diplomatie américaine tente de rapprocher les deux camps rivaux en Libye, mais la réalité sécuritaire continue de compliquer le processus. Lundi, le général de brigade Fawzi al-Mansouri, chef du renseignement militaire des forces de Khalifa Haftar, a été tué dans l’explosion d’une voiture piégée à Benghazi. L’attaque n’a, à ce stade, pas été revendiquée.

Dans ce contexte, l’attentat intervient alors que Washington multiplie les démarches en faveur d’un rapprochement entre les autorités de Tripoli et le pouvoir de l’Est. L’émissaire américain Massad Boulos cherche notamment à favoriser une réunification des institutions libyennes et à créer les conditions d’un règlement politique.
Sur le plan politique, cette initiative se heurte toutefois à une réalité plus complexe. La division du pays ne repose pas uniquement sur l’existence de deux autorités concurrentes. Elle implique également des forces armées, des groupes locaux et des intérêts économiques qui ont progressivement consolidé leur influence.
Dès lors, l’enjeu dépasse la conclusion d’un accord entre dirigeants. Encore faut-il disposer d’un cadre sécuritaire permettant de faire appliquer les décisions sur l’ensemble du territoire. La question du contrôle des forces armées et des institutions reste ainsi au cœur de toute perspective de réunification.
Par ailleurs, la Libye conserve une importance stratégique pour les puissances étrangères en raison de ses ressources pétrolières et de sa position en Méditerranée. Les États-Unis cherchent notamment à renforcer leur influence dans un pays où d’autres acteurs internationaux, dont la Russie et la Turquie, disposent déjà de relais.
Ainsi, l’assassinat de Fawzi al-Mansouri ne signifie pas nécessairement l’échec des efforts diplomatiques américains. Il rappelle cependant que la stabilisation de la Libye ne pourra être durable si elle reste limitée aux arrangements politiques.
À ce stade, le principal défi pour les médiateurs demeure donc de transformer le rapprochement entre les camps rivaux en une architecture institutionnelle et sécuritaire capable de résister aux rapports de force qui continuent de structurer le pays.
Alemwa Ibango Yasmine