FACT-CHECKING | Gabon : les ministres doivent-ils désormais prêter serment sur le Njobi ?

Nenni ! C’est faux. Aucune source officielle du Gabon ne confirme que les membres du gouvernement doivent désormais prêter serment sur le Njobi. La procédure prévue par la Constitution reste en vigueur.

La rumeur, diffusée sur les réseaux sociaux depuis le début du mois de septembre, affirme que le président Brice Clotaire Oligui Nguema aurait instauré cette mesure pour renforcer la lutte contre la corruption et l’inaction au sein du gouvernement.

Ce que disent les textes

La Constitution gabonaise prévoit que les membres du gouvernement prêtent serment devant le président de la République, en présence de la Cour constitutionnelle. Le serment les engage notamment à respecter la Constitution, l’État de droit et à exercer leurs fonctions avec conscience et abnégation.

Aucun article de la Constitution ne fait référence au Njobi. Une telle modification de la procédure de prestation de serment nécessiterait donc un fondement juridique clair. Aucun texte officiel consulté ne fait état d’une nouvelle obligation de ce type.

Cette procédure a encore été appliquée lors de la prestation de serment du gouvernement en janvier 2026. Aucun rite lié au Njobi n’avait alors été annoncé par les autorités.

Le Njobi, de quoi parle-t-on ?

Le Njobi est une institution traditionnelle et initiatique pratiquée notamment au Gabon. Il est associé à un ensemble de valeurs, de règles de conduite et de principes liés à la responsabilité, à la solidarité et à la cohésion sociale.

Dans certaines communautés, le Njobi a également joué un rôle dans la transmission des savoirs, la régulation des relations au sein du groupe et le règlement de certains différends. Sa dimension morale et sociale explique qu’il puisse être évoqué lorsqu’il est question de comportement, de responsabilité ou d’intégrité.

Mais il faut distinguer la portée traditionnelle et sociale du Njobi de la procédure juridique de prestation de serment des membres du gouvernement. Le fait qu’une institution traditionnelle soit reconnue ou valorisée dans la société ne signifie pas qu’elle fasse automatiquement partie des procédures prévues par l’État.

Pourquoi cette rumeur peut-elle prêter à confusion ?

L’association entre le Njobi et l’intégrité des responsables publics peut donner à la rumeur une apparence de crédibilité. Mais une décision concernant la prestation de serment des membres du gouvernement ne peut pas être établie sur la seule base d’une publication circulant sur les réseaux sociaux.

Pour être considérée comme une nouvelle règle, cette mesure devrait être identifiable dans un texte juridique ou dans une communication officielle des autorités compétentes.

Conclusion

Les ministres gabonais continuent de prêter serment selon la procédure constitutionnelle en vigueur.

À ce jour, aucune source officielle ne confirme que le Njobi est devenu obligatoire pour leur prestation de serment.

Alemwa Ibango Yasmine

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