Réunis dans la capitale éthiopienne, plusieurs partis politiques, mouvements et organisations de la société civile soudanaise rejettent l’initiative de dialogue national portée par le général Abdel Fattah al-Burhan. Ils défendent une autre approche, fondée sur l’urgence humanitaire, un cessez-le-feu permanent et une transition politique conduite par les civils.
À Addis-Abeba, le refus du dialogue proposé par le chef de l’armée soudanaise prend une dimension politique. Plusieurs composantes de l’opposition et de la société civile estiment que l’initiative ne permettrait pas de créer les conditions d’un règlement inclusif de la guerre qui ravage le pays.
Le mouvement Umma, le parti du Congrès national, la coalition pacifiste Summud et plusieurs organisations de la société civile figurent parmi les signataires de cette position commune. Les Forces de soutien rapide du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, n’ont pas participé à la rencontre.
Pour les acteurs réunis dans la capitale éthiopienne, le problème ne réside donc pas uniquement dans l’absence d’un accord entre les belligérants. Il concerne également la légitimité de celui qui doit conduire le processus politique. Ils accusent l’initiative de Burhan de risquer de conforter le pouvoir de l’armée et d’accentuer les divisions territoriales du pays.
Face à cette proposition, les participants ont présenté une feuille de route articulée autour de trois priorités : l’ouverture d’un corridor humanitaire d’urgence, l’instauration d’un cessez-le-feu permanent et la mise en place d’une gouvernance définie avec une participation centrale de la société civile.
Cette position traduit une volonté de ne pas réduire la sortie de crise à un simple arrangement entre les acteurs armés. Pour les forces civiles réunies à Addis-Abeba, la fin des combats doit également ouvrir la voie à une réorganisation politique donnant aux populations et aux organisations civiles une place déterminante.
La rencontre éthiopienne ajoute ainsi une nouvelle dimension à la crise soudanaise : pendant que les armes continuent de déterminer le rapport de force sur le terrain, une partie des acteurs politiques cherche à reprendre l’initiative sur le terrain diplomatique.
Alemwa Ibango Yasmine




