Est de la RDC : Kinshasa veut faire de la lutte contre l’impunité un volet du processus de paix

Alors que les discussions de paix se poursuivent autour du conflit dans l’Est de la RDC, Kinshasa entend maintenir la question des crimes commis contre les civils au centre du débat. Le gouvernement affirme avoir recensé plus de 300 morts en juin et juillet et annonce que les responsables présumés devront répondre de leurs actes devant la justice.

Le bilan présenté par les autorités congolaises fait état d’exécutions sommaires, de massacres et de bombardements, auxquels s’ajoutent des centaines de cas de violences sexuelles, plus de 300 cas de torture et plusieurs centaines d’enlèvements. Le gouvernement évoque également des recrutements forcés, notamment parmi les jeunes, ainsi que des incendies d’habitations et des pillages.

Au-delà des violences contre les civils, Kinshasa dénonce ce qu’il présente comme l’installation progressive d’une administration parallèle dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23. Les autorités citent notamment des prélèvements imposés dans les secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi que la nomination de responsables dans l’enseignement supérieur en dehors des procédures de l’État.

Le gouvernement congolais formule également des accusations concernant des mouvements de populations à partir du Rwanda. Il affirme que plus de 100 familles d’origine rwandaise ont franchi la frontière le 10 août par Kabuhanga, dans le territoire de Nyiragongo, avant d’être installées à Rwibiranga. Kinshasa considère cette opération comme une tentative de modification de la composition démographique du territoire.

Face à ces faits, les autorités congolaises placent désormais la responsabilité judiciaire au cœur de leur réponse. Kinshasa assure qu’aucun crime ne restera impuni et que les auteurs, coauteurs, commanditaires et complices présumés devront répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.

Cette position intervient alors que les négociations entre Kinshasa et l’AFC/M23 se poursuivent dans le cadre du processus de Doha. Pour le gouvernement congolais, la recherche d’un règlement politique ne saurait effacer la nécessité de documenter les crimes et de rendre justice aux victimes.

Les chiffres et accusations contenus dans le communiqué émanent toutefois des autorités congolaises. Leur établissement définitif et l’attribution des responsabilités devront être appuyés par des enquêtes indépendantes et les procédures judiciaires compétentes.

Alemwa Ibango Yasmine

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