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Éthiopie :  les frappes de drones ravivent la crainte d’un retour de la guerre au Tigré

Treize (13) personnes dont cinq (5) enfants, ont été blessés jeudi à Mekelle dans une frappe de drone attribuée par les autorités tigréennes aux forces fédérales. Deux jours après, une première attaque signalée dans la même zone, la multiplication des incidents militaires ravive les inquiétudes dans une région qui peine encore à se relever de la guerre de 2020-2022.

La nouvelle frappe de drone survenue jeudi matin à Mekelle intervient dans un climat de tensions croissantes entre les autorités fédérales éthiopiennes et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Selon les responsables de l’hôpital de référence d’Ayder, 13 personnes ont été prises en charge après l’attaque, dont cinq enfants et sept femmes. Trois victimes se trouvent dans un état grave.

Le TPLF affirme que le drone a visé un quartier résidentiel de la capitale régionale. Un journaliste de l’AFP présent à Mekelle a recueilli des témoignages allant dans le sens d’une attaque. Une seconde frappe aurait également été signalée à proximité de l’université de Mekelle. L’armée fédérale éthiopienne n’a pas réagi dans l’immédiat, à ces accusations.

Cette nouvelle attaque intervient surtout dans un contexte plus large. Deux jours auparavant, une autre frappe de drone avait déjà été signalée près de Mekelle, sans faire de victimes selon les autorités tigréennes.

La répétition de ces incidents nourrit désormais les inquiétudes quant à une possible dégradation de la situation sécuritaire.

Les tensions entre Addis-Abeba et le TPLF se sont accentuées ces derniers mois. Le mouvement tigréen conserve une influence importante dans la région, malgré l’accord qui avait mis fin au conflit de 2020-2022. La reprise des activités du parlement régional annoncée en avril par le TPLF a notamment été rejetée par le gouvernement fédéral.

À cela s’ajoutent les mouvements militaires signalés dans les zones frontalières. Chaque camp accuse l’autre de préparer une nouvelle confrontation, tandis que plusieurs incidents armés sont rapportés depuis le début de l’année.

Pour certains spécialistes de la région, les frappes pourraient viser des responsables du TPLF plutôt que délibérément des populations civiles.

Cette hypothèse ne réduit toutefois pas le risque pour les habitants, particulièrement lorsque les opérations se déroulent à proximité des zones résidentielles.

Le contexte rend la situation d’autant plus préoccupante que le Tigré reste profondément marqué par la précédente guerre. Le conflit, qui s’est déroulé de 2020 à 2022, aurait fait plusieurs centaines de milliers de morts et provoqué d’importants déplacements de population. Une partie d’habitants demeure déplacée et la région continue de faire face à de fortes difficultés économiques.

Trois ans après la fin officielle des combats, la question n’est donc plus seulement celle de la frappe de Mekelle. C’est la solidité de l’apaisement obtenu en 2022 qui se retrouve indirectement posée.

La région reste ainsi confrontée à un équilibre précaire : préserver les acquis de la paix tout en empêchant une nouvelle escalade entre Addis-Abeba et les autorités tigréennes.

Alemwa Ibango Yasmine

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