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Congo Airways : la reconstruction avance

Les critiques s’accumulent depuis plusieurs jours contre Congo Airways. La compagnie nationale a choisi de répondre. Sa flotte propre est à l’arrêt, concède-t-elle. Mais le chantier de relance, lui, n’a jamais été interrompu.

Une suspension qui date d’avril 2025
« Congo Airways ne s’est pas arrêtée en 2026. La suspension des vols date du 12 avril 2025, à l’expiration des contrats de wet-lease avec KlasJet », précise la direction générale. Une décision « sécuritaire », dit-elle, et non le fruit d’une négligence.

Depuis, les étapes de la reconstruction sont rendues publiques. Selon la compagnie, la Caisse nationale de sécurité sociale a mobilisé les financements pour l’acquisition de trois avions. Le premier, un Embraer E-190, a été réceptionné le 24 décembre 2025 au cours d’une cérémonie officielle en présence du conseil d’administration et des autorités du Portefeuille de l’État. Un deuxième appareil, un Airbus A320, a rejoint la flotte au début de l’année 2026.

Dans un secteur où chaque avion coûte plusieurs dizaines de millions de dollars, Congo Airways martèle : la reconstruction se fait pièce par pièce.

Pourquoi l’Embraer ne vole pas encore ?

Recevoir un avion ne signifie pas le mettre en ligne le lendemain, rappelle la direction. Avant toute exploitation commerciale, il faut qualifier les pilotes sur le type, réunir l’ensemble de la documentation technique, sécuriser les stocks de pièces de rechange et franchir les audits de sécurité imposés par l’IATA.

Des standards internationaux « non négociables » pour toute compagnie qui reprend après un arrêt prolongé. « Aller plus vite reviendrait à sacrifier la sécurité des passagers », prévient la direction.

Une dette qui pèse toujours
La situation financière reste difficile. La compagnie reconnaît les retards de paiement des salaires. Mais, souligne-t-elle, une dette accumulée sur plusieurs années ne s’efface pas par décret.

Le choix de faire porter l’achat des nouveaux avions par la CNSS plutôt que par Congo Airways vise précisément à protéger la relance de l’endettement historique. Au Portefeuille de l’État, on assume cette stratégie : il s’agit d’éviter de redémarrer avec « les boulets du passé ».

Une reprise annoncée, sous conditions
La direction générale dit viser une reprise prochaine des vols. Elle reste toutefois conditionnée à la levée des contraintes techniques et financières encore en cours.

« Réclamer une feuille de route est légitime », concède la compagnie. « Mais dire qu’il n’y en a pas, c’est ignorer le travail mené depuis avril 2025 par la CNSS, le Portefeuille et la direction. »

Le message final est sans détour : le Congo a besoin d’un transporteur national fiable. Cette fiabilité, insiste Congo Airways, se construit avec de la rigueur. Les premiers vols de la nouvelle flotte sont annoncés pour les prochaines semaines. Pour la direction, la relance est désormais proche.
Richardo Ngoyi

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