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Est de la RDC : la médiation africaine veut relancer sa stratégie face à l’impasse sécuritaire

Face à la persistance des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo, la médiation conduite par l’Union africaine ajuste son dispositif. Réunis à Lomé, les acteurs régionaux et internationaux ont adopté de nouvelles orientations pour renforcer l’efficacité du processus de paix au second semestre 2026.

La diplomatie africaine tente de reprendre l’initiative dans la crise de l’Est de la RDC. À Lomé, les responsables de la médiation de l’Union africaine ont évalué les avancées du processus en cours et défini de nouvelles priorités pour accélérer les efforts de paix.

Présidée par le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine pour la résolution de la crise dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs, cette réunion a rassemblé les membres du Collège des facilitateurs ainsi que plusieurs organisations engagées dans les initiatives diplomatiques.

Les représentants de l’Union africaine, des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la SADC, de la CIRGL et du Comité international de la Croix-Rouge ont participé aux échanges.

L’objectif était d’évaluer le fonctionnement de l’architecture de médiation mise en place à Lomé en janvier 2026 et de définir les actions prioritaires pour les prochains mois, alors que les combats se poursuivent entre les forces gouvernementales congolaises et les rebelles de l’AFC/M23.

À l’issue des travaux, plusieurs mesures ont été annoncées. Les participants ont notamment insisté sur une meilleure coordination entre le bureau du médiateur, le panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le secrétariat conjoint indépendant.

La médiation africaine souhaite également renforcer son implication dans les processus parallèles engagés à Washington et à Doha, afin d’assurer une meilleure articulation entre les différentes initiatives diplomatiques.

Un plan d’action opérationnel devra être élaboré dans les quinze jours afin de préciser les modalités de mise en œuvre des décisions adoptées.

Le dispositif de médiation piloté par l’Union africaine repose sur plusieurs personnalités africaines chargées de dossiers spécifiques.

L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est chargé des questions militaires et sécuritaires. L’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde supervise les aspects humanitaires. L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta accompagne les discussions avec les groupes armés locaux.

D’autres responsables africains interviennent également sur les questions économiques, de réconciliation et de société civile.

Cette organisation vise à offrir une approche globale à la crise qui touche l’Est de la RDC, en combinant les dimensions sécuritaire, politique, humanitaire et régionale.

Cette nouvelle réunion intervient alors que les initiatives diplomatiques peinent encore à produire des résultats visibles sur le terrain. Malgré la multiplication des médiations, les populations de l’Est continuent de subir les conséquences des affrontements et de l’instabilité.

L’enjeu pour la médiation africaine sera désormais de transformer les orientations adoptées à Lomé en actions concrètes capables d’influencer la réalité sécuritaire dans les zones affectées.

En renforçant son mécanisme de médiation, l’Union africaine cherche à maintenir un rôle central dans la recherche d’une solution durable à la crise de l’Est congolais. Mais l’efficacité du processus dépendra de la capacité des différents acteurs à traduire les engagements diplomatiques en résultats sur le terrain.

Yasmine Alemwa Ibango

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