Dans un communiqué daté du 1er septembre 2026, la Conférence épiscopale nationale du Congo relève plusieurs difficultés dans la lutte contre la maladie à virus Ebola, notamment l’insuffisance de matériels dans certaines structures sanitaires, les conditions de travail des soignants et les résistances communautaires.
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) dit suivre avec attention l’évolution de la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée le 15 mai 2026 par le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Dans son communiqué, l’épiscopat revient notamment sur les données disponibles au 25 août, qui faisaient état de 5 713 cas confirmés, 2 744 décès, 770 personnes en isolement et 1 269 guérisons. Ces chiffres ont depuis évolué avec la poursuite de la surveillance épidémiologique.
La CENCO attire d’abord l’attention sur les conditions matérielles dans lesquelles certaines structures de santé assurent la prise en charge des patients. Selon le communiqué, plusieurs établissements disposeraient de quantités insuffisantes de matériels de prévention et de protection, avec des ruptures de stock répétées. Certains établissements auraient également déclaré ne pas avoir reçu de matériels, une situation que les évêques associent à l’exposition des professionnels de santé.
Les conditions de travail et la prise en charge du personnel médical constituent un autre sujet de préoccupation. La CENCO évoque une démotivation de certains professionnels de santé en raison d’une prise en charge financière et logistique jugée insuffisante. Cette préoccupation intervient alors que les travailleurs de santé restent particulièrement exposés au virus. Dans son point de situation du 9 août, l’Organisation mondiale de la santé faisait état de 155 travailleurs de santé infectés, dont 45 décès.
Le communiqué aborde également la question de l’information au sein des communautés. La CENCO dit constater la circulation de désinformation, de mésinformation et de sous-information autour de la maladie. Elle cite notamment des croyances attribuant Ebola à la sorcellerie ou à un mauvais sort, ainsi que certaines pratiques traditionnelles liées aux soins et aux rites funéraires. Selon les évêques, ces facteurs peuvent contribuer aux résistances aux mesures de prévention, avec des incidents allant parfois jusqu’aux agressions contre des agents de la riposte ou aux attaques de structures de traitement.
Face à ces difficultés, la CENCO appelle la population à respecter les recommandations des autorités sanitaires, notamment en matière d’hygiène des mains, de limitation des contacts physiques, de manipulation des dépouilles et d’orientation rapide des personnes présentant des symptômes vers les structures de santé. Elle invite également les diocèses à collaborer avec les autorités sanitaires locales afin d’évaluer les risques et, lorsque cela s’avère nécessaire, d’adapter certaines pratiques liées aux veillées et aux funérailles.
La CENCO annonce par ailleurs une contribution en matériel destinée aux Caritas diocésaines intervenant en Ituri, avec l’appui de Catholic Relief Services (CRS). Elle encourage également les structures ecclésiales à poursuivre les actions de sensibilisation auprès des communautés. Dans le même temps, elle salue le travail des professionnels de santé, des bénévoles, du gouvernement congolais et des partenaires engagés dans la riposte.
Le communiqué de la CENCO intervient alors que l’épidémie continue de mobiliser les autorités sanitaires et leurs partenaires. Il met en avant plusieurs difficultés susceptibles de compliquer les opérations de prévention et de prise en charge, notamment l’accès aux équipements, les conditions de travail du personnel et l’adhésion des communautés aux mesures sanitaires. Pour les différents acteurs de la riposte, la surveillance des cas, la protection des soignants et la collaboration avec les populations restent essentielles pour limiter la transmission du virus.
Alemwa Ibango Yasmine



