Lundi 22 septembre, Donald Trump a pris tout le monde de court en lançant une mise en garde choc sur la santé des femmes enceintes et de leurs enfants. Sans blouse médicale mais avec l’assurance d’un médecin de famille autoproclamé, le président américain a vivement déconseillé aux futures mamans de prendre du paracétamol le fameux antalgique connu sous le nom de Tylenol aux États-Unis, ou Doliprane et Dafalgan ailleurs. Selon lui, ce médicament serait « peut-être associé à un risque très accru d’autisme » chez les enfants.
« N’en prenez pas ! N’en donnez pas à votre bébé ! », a insisté Trump, ajoutant une comparaison pour le moins surprenante : « Ils n’ont pas de paracétamol à Cuba et n’ont quasiment pas d’autisme. » Des propos relayant des rumeurs plutôt que des données scientifiques solides, mais qui ont immédiatement déclenché une vague de critiques parmi la communauté médicale.
Le président s’appuie sur une étude récente menée par des chercheurs du Mount Sinai, dirigée par un professeur de Harvard, qui incite à la prudence concernant l’usage du paracétamol pendant la grossesse. Cependant, les auteurs eux-mêmes restent prudents et ne parlent jamais d’un lien direct. À l’inverse, deux autres études publiées dans le Journal of American Medical Association, menées sur des cohortes plus larges et considérées comme plus robustes par la plupart des spécialistes, réfutent toute corrélation entre paracétamol et autisme.
Le paracétamol reste aujourd’hui le médicament de référence pour soulager la douleur et la fièvre chez la femme enceinte. Aspirine, ibuprofène et autres anti-inflammatoires sont contre-indiqués, surtout en fin de grossesse, ce qui fait du paracétamol un outil sûr et essentiel pour prévenir les complications liées à la fièvre ou à la douleur.
Cette sortie présidentielle illustre une fois de plus la difficulté de dissocier les messages politiques de la science médicale. Entre prudence légitime et désinformation, la frontière est mince, et les femmes enceintes, souvent vulnérables aux messages alarmants, peuvent se retrouver désorientées. Les experts rappellent qu’aucune décision de santé ne devrait se baser sur des anecdotes ou des comparaisons géopolitiques.
En pleine conférence dédiée à l’autisme, Trump a également critiqué la vaccination des nourrissons, relançant un débat déjà sensible et démontrant que la médecine, lorsqu’elle devient matière de discours politique, peut facilement perdre toute nuance scientifique.
Ce type de déclaration illustre le pouvoir des leaders politiques dans la diffusion d’informations médicales, mais aussi le risque réel pour la santé publique. Le paracétamol est un médicament étudié depuis des décennies et largement utilisé sans lien confirmé avec l’autisme. La propagation d’affirmations non vérifiées peut créer une peur injustifiée et détourner les patients de traitements sûrs et nécessaires. La responsabilité scientifique et médiatique devient cruciale pour distinguer l’alerte légitime de la désinformation.
Yasmine Alemwa Ibango

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