Lors de la 56e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a porté un message fort devant les décideurs politiques et économiques du monde : la transition énergétique ne pourra réussir sans responsabilité partagée, équité dans les chaînes de valeur et approvisionnements fiables, éthiques et durables.
Dans un contexte marqué par la course mondiale aux minerais stratégiques — cobalt, cuivre, lithium et nickel — essentiels à la fabrication des batteries et aux technologies vertes, le chef de l’État congolais a affirmé la volonté de la RDC de changer de statut sur l’échiquier international : passer de simple fournisseur de matières premières à partenaire stratégique à part entière.
« Le moment est venu de substituer la dépendance par le partenariat », a déclaré Félix Tshisekedi, appelant à une refonte profonde des relations économiques entre les pays producteurs de ressources et les puissances industrielles.
Pour Kinshasa, il ne s’agit plus de subir les logiques extractives héritées du passé, mais de s’inscrire dans une dynamique de co-construction, où la valeur ajoutée est créée localement et bénéficie prioritairement aux populations.
Pour matérialiser cette vision, le président congolais a proposé trois engagements majeurs :
1. Sécurité par la diversification
Investir dans de nouveaux gisements afin de garantir une pluralité de sources d’approvisionnement, réduire les risques géopolitiques et sécuriser les marchés mondiaux.
2. Prospérité par la transformation locale
Délocaliser les activités de raffinage et de fabrication industrielle en RDC, afin de créer des emplois qualifiés, stabiliser l’offre mondiale et engager une transition vers une industrialisation durable.
3. Innovation financière et industrielle
Développer des partenariats innovants capables d’attirer des capitaux à long terme, notamment à travers des projets intégrateurs, des zones industrielles et des corridors économiques.
Pour Félix Tshisekedi, la création de valeur locale n’est plus une option, mais un impératif stratégique pour la résilience des chaînes mondiales et la souveraineté économique des États producteurs.
« En transformant nos ressources sur notre sol, nous passons d’une économie d’extraction à une économie d’industrialisation durable, garantissant ainsi que la richesse générée bénéficie prioritairement à nos populations », a-t-il insisté.
Avec plus de 70 % des réserves mondiales de cobalt, d’importants gisements de cuivre et un potentiel hydroélectrique parmi les plus élevés au monde, la RDC se positionne comme un acteur central de la transition énergétique globale.
À Davos, le message est clair : la République démocratique du Congo ne veut plus être un simple maillon en bout de chaîne, mais un pilier stratégique de l’économie verte mondiale. Une ambition qui redessine les rapports Nord-Sud et place l’Afrique au centre des solutions climatiques de demain.
Yasmine Alemwa Ibango
