La Cour de cassation a ouvert ce lundi 27 juillet 2026, une nouvelle page du dossier FRIVAO. À la barre, Constant Mutamba, ancien ministre d’État à la Justice. En face, les juges. Au milieu, des millions de dollars destinés aux victimes et aujourd’hui au cœur des interrogations.
Le FRIVAO, Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, est au centre de cette audience.
L’ancien ministre comparaît aux côtés de Chancard Bukolela, ex-coordonnateur du fonds. Tous deux répondent d’une enquête sur des déboursements de plusieurs millions de dollars. Des versements dont la régularité est aujourd’hui contestée par la justice.
Selon les pièces du dossier, l’instruction cherche à démêler les circuits. Comment ces fonds ont-ils été engagés ? À qui ont-ils été reversés ? Et dans quelles conditions ?
A en croire la justice, l’objectif est de rétablir la traçabilité d’un argent qui devait réparer.
Devant la Cour, Constant Mutamba a évoqué un acharnement. Il dénonce des poursuites qui se poursuivent, dit-il, malgré une condamnation déjà prononcée dans un autre volet de l’affaire. Pour lui, cette convocation relève d’une volonté de le maintenir sous pression.
Il rejette aussi l’idée d’un manquement. L’ex-garde des Sceaux affirme avoir agi dans le cadre de la loi et au nom de l’urgence : indemniser les victimes. Il assure que chaque décaissement du FRIVAO répondait à cette exigence. Et promet de saisir toutes les voies de droit pour faire entendre sa version.
Au-delà des personnalités, cette audience marque un tournant. Elle interroge directement la gestion d’un fonds créé pour panser les plaies de la guerre. Et rappelle que derrière les chiffres, il y a des victimes en attente de réparation.
Richardo Ngoyi
