
Le président sortant du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, a été réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle organisée le 15 mars, selon les résultats provisoires annoncés mardi par le ministère de l’Intérieur.
D’après les chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou, le chef de l’État a obtenu 2.507.038 voix, soit 94,82 % des suffrages exprimés, dans un scrutin marqué par un taux de participation évalué à 84,65 %.
Âgé de 82 ans, Denis Sassou Nguesso se dirige ainsi vers un cinquième mandat consécutif, prolongeant une présence au sommet de l’État qui s’étend sur plus de quatre décennies. Cette nouvelle victoire, encore soumise à la validation de la Cour constitutionnelle du Congo, pourrait le maintenir à la tête du pays jusqu’en 2031.
Le processus électoral s’est déroulé dans un contexte particulier, marqué par des mesures de sécurité renforcées à travers le pays. Les autorités ont notamment interdit la circulation des véhicules et ordonné la fermeture des commerces le jour du vote.
Par ailleurs, l’accès à internet a été suspendu à l’échelle nationale dès le matin du scrutin, une décision officiellement justifiée par des impératifs de sécurité.Dans la capitale, Brazzaville, une présence importante des forces de sécurité a été observée autour des centres de vote.
Des patrouilles de police et de militaires ont parcouru plusieurs quartiers de la ville, où l’affluence est restée relativement limitée selon des observations sur place.Sept candidats étaient officiellement en lice pour cette présidentielle. Parmi eux figuraient notamment Joseph Kignoumbi Kia Mboungou et Anguios Nganguia Engambé.
Cependant, plusieurs figures historiques de l’opposition n’ont pas participé au scrutin. C’est le cas notamment de André Okombi Salissa et de Jean-Marie Michel Mokoko, tous deux condamnés ces dernières années pour « atteinte à la sûreté de l’État ».
Plusieurs partis d’opposition ont par ailleurs choisi de boycotter le scrutin, dénonçant ce qu’ils considèrent comme un processus électoral verrouillé.Le vote a néanmoins été suivi par des missions d’observation électorale, notamment celles de l’Union africaine et de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Au Congo-Brazzaville, les résultats provisoires doivent désormais être examinés et validés par la Cour constitutionnelle, dernière étape du processus électoral avant la proclamation définitive de la victoire du président sortant.
Avec ce nouveau mandat en perspective, Denis Sassou Nguesso confirme sa place parmi les dirigeants les plus durables du continent africain, dans un pays où la question de l’alternance politique continue d’alimenter le débat public.
Ridie Enembe (stagiaire)