Il existe des chantiers qu’on ne conduit pas au son des tambours. On les conduit avec méthode.
Celui de Congo Airways est de ceux-là.
Engagé par le gouvernement de la République, impulsé par la Première Ministre Judith Suminwa et placé sous la supervision du Vice-Premier Ministre Jean-Pierre Bemba, le plan de relance progresse. Lentement, mais avec des preuves. Des chiffres. Des pièces.
Pendant que les moteurs se préparent à retrouver le ciel, les critiques redoublent. La cible est nommée : le Directeur Général, Mukendi Tshikala Alexandre.
Après vérification, votre magazine a choisi de s’en tenir aux faits plutôt qu’aux bruits.
Déguerpissement ? Non. Une délocalisation assumée
La rumeur a couru : « Congo Airways a été expulsée ».
La réponse de la compagnie est nette : « Congo Airways a décidé de partir ».
Dans le cadre de sa stratégie de transformation, le DG Alexandre a, en accord avec le Conseil d’Administration, quitté des locaux au loyer jugé excessif. Le but est simple : réduire les charges fixes pour réinvestir dans le cœur de métier, l’exploitation aérienne.
Cette décision figure dans le plan de relance. L’ancien bailleur, lui, a saisi la justice.
Pour autant, Congo Airways ne nie pas le passif. La compagnie reconnaît une dette héritée de 600 000 dollars en principal et 200 000 dollars d’intérêts. Une dette des anciennes équipes, intégrée au schéma de reprise en cours.
3,5 millions de dollars : à quoi a servi l’enveloppe ?
Le Ministère de l’Économie a alloué 3 500 000 dollars à Congo Airways. La question mérite une réponse précise.
Premier poste : le personnel. 800 000 dollars ont servi à payer un mois de salaires.
Deuxième poste : la relance opérationnelle. 467 000 dollars, justifiés et documentés, ont été orientés vers :
– La flotte : remise à niveau de l’Embraer 190 et de l’Airbus A320.
– Le personnel navigant : pilotes, hébergement, et reconversion des pilotes Q400 sur A320.
– Le terrain : badges pour stewards et hôtesses, badges RVA pour les agents de sûreté et de handling, recyclage des équipes au sol.
– La maintenance : entretien des avions et réparation du parc automobile.
– Le système : régularisation des logiciels TTI, Nav Blu, Jeppesen et AD Software, ainsi que le transfert de la salle serveur vers les nouveaux bureaux.
– Les soutiens : rémunération du personnel d’appoint, des agents de police, de maintenance et de nettoyage.
D’après la direction générale, l’ensemble de ces dépenses entre dans la rubrique « frais de fonctionnement ». L’objectif affiché est unique : permettre la reprise. À ce jour, deux appareils sont déclarés disponibles pour les premiers vols : un Embraer E190 et un Airbus A320.

« Chercher des poux sur un crâne rasé »
À la direction, le ton est ferme. Les attaques contre le DG Alexandre sont qualifiées de recherche systématique de failles là où il n’y en a pas.
L’expression utilisée résume la pensée : « chercher des poux sur un crâne rasé ». Autrement dit, écarter pour mieux s’installer.
Malgré la pression, la ligne ne dévie pas. Le plan reste sous la supervision du VPM Jean-Pierre Bemba. Le Gouvernement réaffirme sa volonté d’appliquer la feuille de route définie par le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi.
Entre les accusations et les justificatifs, Congo Airways joue sa partition la plus exigeante : se reconstruire en vol.
Le plan de relance n’est pas une promesse. C’est un compte. Et ce compte, pour la première fois depuis longtemps, commence à s’équilibrer.
Richardo Ngoyi