
Le président rwandais Paul Kagame a créé la polémique en reconnaissant l’existence d’un lien entre l’ancien chef de l’État congolais Joseph Kabila et ses supplétifs de l’AFC/M23.
Cette déclaration, faite dans une interview accordée à Jeune Afrique, marque un tournant dans la communication officielle de Kigali sur la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
« Le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais un mouvement congolais désormais appelé AFC/M23, auquel est associé l’ancien président Joseph Kabila », a affirmé Paul Kagame, rejetant comme toujours les accusations de Kinshasa sur un soutien direct du Rwanda à ce groupe armé.
Ces propos rejoignent les accusations du président congolais Félix Tshisekedi, qui dénonce depuis plusieurs mois une implication de son prédécesseur dans les activités des groupes armés à l’Est. Il avait notamment affirmé que l’Alliance Fleuve Congo (AFC) serait liée à Joseph Kabila, l’accusant de chercher à déstabiliser le pouvoir en place.
Par ailleurs, Paul Kagame a évoqué la situation judiciaire de l’ancien président congolais, poursuivi et condamné à mort par contumace par les autorités de Kinshasa. « Je ne vois pas pourquoi je lui refuserais le passage », a-t-il assumé, laissant entendre une certaine ouverture à son égard.
Ces déclarations interviennent dans un climat de fortes tensions entre Kigali et Kinshasa. Si la RDC accuse régulièrement le Rwanda de soutenir le M23, Kigali continue de nier toute implication directe pourtant les preuves ne sont plus à démontrer.
Ridie Enembe (stagiaire)