Alors que les tensions autour de l’immigration ravivent les divisions en Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa a choisi de hausser le ton. Le président sud-africain appelle la population à ne pas transformer les migrants en responsables désignés des difficultés du pays.
Lors des commémorations du soulèvement de Soweto de 1976, un épisode majeur de la lutte contre l’apartheid, le chef de l’État a dénoncé les discours qui cherchent, selon lui, à exploiter la colère sociale à des fins de déstabilisation.
« Nous ne permettrons pas que les préoccupations de notre peuple soient détournées et exploitées par ceux qui nourrissent des intentions malveillantes », a déclaré Cyril Ramaphosa.
Ces déclarations interviennent après de nouvelles violences visant des étrangers installés en Afrique du Sud. Plusieurs ressortissants africains ont été contraints de quitter certaines zones après des actes de violence et des pillages attribués à des groupes accusant les migrants d’aggraver la crise économique.
Pour le président sud-africain, le véritable défi se trouve ailleurs : dans le chômage et les difficultés économiques persistantes. Le pays affiche un taux élevé de chômage des jeunes estimé à 42 % contre 32 % pour l’ensemble de la population active.
Ramaphosa a également dénoncé une vague de « désinformation » destinée, selon lui, à détériorer l’image de l’Afrique du Sud sur la scène internationale. Il a rejeté les accusations généralisant une hostilité envers les étrangers, affirmant que la société sud-africaine n’est pas définie par la xénophobie.
Avec plus de trois millions d’étrangers recensés, soit environ 5,1 % de sa population, l’Afrique du Sud reste l’une des principales destinations migratoires du continent. Mais, la question de l’immigration continue d’alimenter un débat sensible, au croisement des enjeux économiques, sociaux et sécuritaires.
Yasmine Alemwa Ibango




