Loi anti-homosexualité : Sonko recadre les médias occidentaux et renvoie la France à ses propres lois

« On renforcera, on n’y reviendra pas ».

Sur RFI et France 24 ce 15 juin, Ousmane Sonko a écarté toute révision de la loi sénégalaise adoptée en mars. Il affirme pouvoir la renforcer et lie la répression à la « transmission volontaire du VIH ». Le président de l’assemblée nationale du Sénégal revendique une législation souveraine ancrée dans les valeurs locales et répond aux critiques françaises en citant les lois sur le hijab et les mineurs jugées par l’ONU.

Un refus net de revenir sur la loi
Interrogé sur les arrestations récentes et un possible assouplissement, Sonko a tranché : « Ah non, revenir sur cette loi, pourquoi ? Parce que la France n’en veut pas ? Cette loi, s’il y a nécessité de la renforcer, on la renforcera, mais on n’y reviendra absolument pas. »

L’ex- Premier ministre sénégalais revendique la souveraineté du Sénégal : « Le Sénégal est un pays souverain, il n’a pas à se justifier des lois qu’il prend, ni devant l’Occident ni devant personne. »

L’argument de la « transmission volontaire du VIH »
Pour justifier la répression, Sonko relie le sujet à la santé publique. Selon lui, les arrestations ont démarré avant le durcissement des peines et sont parties « de deux choses : le phénomène, la pratique de l’homosexualité associée à la transmission volontaire du VIH ». Il accuse la presse occidentale d’« occulter ce deuxième aspect » qu’il juge « extrêmement important ».

Réponse aux critiques internationales
Face aux critiques venues de France et d’Occident, il renvoie l’ascenseur : « La France a pris des lois que le Comité des droits de l’homme des Nations unies a considérées comme étant attentatoires aux droits humains, notamment sur le hijab, sur les mineurs. On ne vous a pas entendu vous prononcer. »
À lui de souligner :
« Nous attendons la même courtoisie, le même respect de la France et de l’Occident. »

Sonko ancre sa position dans les valeurs locales : « Nous sommes dans un pays qui a ses croyances religieuses, ses convictions culturelles, qui est un pays souverain qui légifère souverainement sur ce qu’elle considère être rejeté par sa société. Et je pense que ça ne doit pas faire l’objet de débat. »

Cette sortie intervient alors que le Sénégal a adopté début mars 2026 une loi controversée doublant les peines pour relations homosexuelles, désormais passibles de 5 à 10 ans de prison. Le texte a été officialisé par le président Bassirou Diomaye Faye le 31 mars.

Sur France 24, Sonko a donc durci le ton déjà affiché fin mai 2026, quand il dénonçait une « tyrannie » occidentale voulant « imposer » l’homosexualité.

Richardo Ngoyi

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