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Affaire Bukanga Lonzo : Matata Ponyo et sa défense se retirent, tensions avec la Cour Constitutionnelle

L'ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo, Matata Ponyo Mapon et son équipe de défense, ont annoncé leur retrait de la procédure en cours devant la…

RD Congo-Monde

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Affaire Bukanga Lonzo : Matata Ponyo et sa défense se retirent, tensions avec la Cour Constitutionnelle

L’ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo, Matata Ponyo Mapon et son équipe de défense, ont annoncé leur retrait de la procédure en cours devant la Cour constitutionnelle dans l’affaire concernant la gestion du parc de Bukanga Lonzo, situé dans le grand Bandudu.

Cette décision, annoncée à la veille d’une audience cruciale, soulève des questions brûlantes sur l’état de la justice et les tensions institutionnelles dans le pays.

Le collectif de défense de Matata Ponyo, dans un communiqué daté du 22 avril 2025, a dénoncé une procédure qu’ils qualifient d’« irrégulière, illégale et inconstitutionnelle ». Ils mettent en avant l’absence de garanties pour un procès équitable et le non-respect du droit à la défense, des principes pourtant ancrés dans la Constitution congolaise.

Le cœur du désaccord réside dans la compétence de la Cour constitutionnelle à juger un sénateur. La défense, menée par le professeur Nyabirungu, soutient que cette prérogative revient à la Cour de cassation, insistant sur la nécessité d’une levée préalable des immunités parlementaires, une étape qu’ils affirment n’avoir jamais été respectée. « Le respect de la procédure impose la levée préalable des immunités parlementaires, ce qui n’a jamais été fait », a martelé le professeur Nyabirungu.

Le professeur Tshiamala, Secrétaire général du parti LGD, a exprimé son désarroi face à une justice qu’il juge insensible aux règles. « Devons-nous continuer à plaider si l’on ne nous écoute plus ? », s’est-il interrogé, laissant transparaître une profonde frustration.

La tension a atteint son paroxysme lors de l’audience précédente, où Matata Ponyo a été interrogé sur un transfert de 204 millions USD à la société African Commodities. L’ancien Premier ministre a alors déclaré ne pas être préparé à répondre sur le fond, invoquant la complexité des documents financiers et la nécessité de se concentrer sur les exceptions de forme.

La non-comparution de Matata Ponyo est désormais perçue comme un acte politique fort. Le parti LGD a appelé ses membres et alliés à « rester en alerte face à l’arbitraire », transformant ainsi une affaire judiciaire en une mobilisation politique.

En réponse, la Cour constitutionnelle a exprimé sa vive indignation.

« Monsieur le Président, il est inacceptable qu’un prévenu puisse narguer la plus haute juridiction du pays. Ce ne sont pas les individus qu’on nargue, mais c’est le pays à travers cette haute juridiction qu’on est en train de narguer aujourd’hui », a indiqué le procureur général près la Cour Constitutionnelle, Moke Mayele.

La Cour a également rejeté les arguments de la défense concernant l’absence de décision parlementaire, qualifiant ces affirmations de « fabulation ». Elle a souligné le paradoxe de Matata Ponyo, qui a bénéficié de la légitimité de la Cour lors de son élection, pour ensuite contester cette même légitimité.

« C’est votre Cour qui lui a permis de se présenter, de battre campagne, qui a validé sa candidature. Et aujourd’hui, il prétend que cette même Cour lui fait un procès politique ? », a fait comprendre le procureur général  de la cour.

Cette affaire, loin d’être un simple litige judiciaire, se transforme en un affrontement institutionnel majeur.

Yasmine Alemwa Ibango

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