TikTok a conclu un accord à l’amiable de dernière minute afin d’éviter d’être impliqué dans un procès sans précédent portant sur l’addiction aux réseaux sociaux. L’affaire qui devait débuter par la sélection d’un jury, est portée par une jeune femme de 20 ans, identifiée sous les initiales KGM.
La plaignante accuse plusieurs géants du numérique d’avoir conçu des algorithmes volontairement addictifs, ayant gravement affecté sa santé mentale. Les termes de l’accord avec TikTok n’ont pas été rendus publics.
L’action judiciaire se poursuit toutefois contre Meta (Facebook et Instagram) et Google, propriétaire de YouTube. Snapchat, autre plateforme visée, a déjà trouvé un terrain d’entente avec la plaignante.
Ce dossier marque un tournant majeur dans la jurisprudence américaine. Pour la première fois, ce ne sont pas les contenus publiés par les utilisateurs qui sont en cause, mais l’architecture même des plateformes : algorithmes de recommandation, notifications permanentes et mécanismes de captation de l’attention.
Jusqu’ici, les entreprises technologiques se sont largement appuyées sur l’article 230 de la loi sur la décence des communications pour se protéger de toute responsabilité. Mais cette protection pourrait vaciller face aux accusations de dommages psychologiques durables chez les jeunes utilisateurs.
Le procès devrait exposer des documents internes sensibles et contraindre des dirigeants de premier plan à témoigner, dont le PDG de Meta, Mark Zuckerberg.
Dans un contexte mondial de remise en question du modèle des réseaux sociaux, plusieurs États américains ont déjà engagé des poursuites similaires, tandis que des pays comme l’Australie et le Royaume-Uni envisagent ou appliquent des restrictions sévères pour les mineurs.
Pour de nombreux observateurs, ce procès symbolise un changement d’époque : celui où l’industrie technologique pourrait enfin être tenue responsable de l’impact de ses produits sur la santé mentale des jeunes.
Yasmine Alemwa Ibango
